Ce mercredi 29 avril 2026, l’avenir du Statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens se joue devant la Cour suprême des États-Unis, appelée à se prononcer sur la légalité de mesures liées à la suppression du programme. Alors qu’une première étape avait été franchie au Congrès avec l’adoption, le 16 avril dernier, d’un projet de loi par la Chambre des représentants, le dossier évolue désormais entre enjeux judiciaires et considérations politiques, laissant des centaines de milliers d’Haïtiens dans l’attente d’une décision déterminant.
La question du TPS pour Haïti est actuellement au cœur des débats devant la Cour suprême des États-Unis. Ce mercredi 29 avril, les juges de la plus haute juridiction du pays ont entamé l’examen du dossier, dans un contexte marqué par de vives discussions, notamment après une première séquence consacrée au cas de la Syrie.
Les échanges portent sur la légitimité de la décision de l’administration de mettre fin au TPS accordé à plusieurs nationalités, dont les Haïtiens. Lors de l’audience, les avocats des bénéficiaires ont plaidé pour le maintien du programme, au moins pour les personnes déjà enregistrées et ne présentant aucun casier judiciaire, soulignant l’impossibilité pour ces derniers de retourner en Haïti au regard de la crise actuelle.
Parallèlement à la procédure judiciaire, le dossier du TPS a connu une avancée notable au Congrès américain. Le 16 avril 2026, la Chambre des représentants a adopté un projet de loi en faveur de l’extension du programme pour les Haïtiens, avec 224 voix contre 204.
Portée par la représentante démocrate Ayanna Pressley, cette initiative bipartisane prévoit une prolongation de trois ans du TPS, permettant à environ 330 000 à 350 000 Haïtiens de continuer à vivre et travailler légalement aux États-Unis, tout en étant protégés contre l’expulsion. Au total, 214 élus démocrates et 4 républicains ont soutenu le texte, un appui jugé significatif dans un contexte politique marqué par de fortes divisions sur les questions migratoires.
Selon l’avocat Me Frandley Denis Julien, cette étape constitue un défi majeur, même si le vote de la Chambre envoie un signal positif. « C’est une grande victoire. Cela montre que la question du TPS pour Haïti est une demande légitime », a-t-il déclaré.
Cette mobilisation politique et judiciaire intervient dans un contexte de dégradation continue de la situation en Haïti. L’insécurité, la crise humanitaire et l’instabilité institutionnelle alimentent les inquiétudes quant à un éventuel retour forcé des bénéficiaires du TPS.
Plusieurs organisations de défense des droits humains alertent sur les risques que représenterait une telle décision pour des populations déjà vulnérables.
Vladimir Predvil
