L’Académie diplomatique Jean Price-Mars du ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC) a organisé, le mercredi 29 avril 2026, un colloque autour du thème : « Les migrations haïtiennes et leurs dynamiques contemporaines : entre crises, mobilité et réponses publiques ». Cette activité a réuni des experts, chercheurs, universitaires ainsi que des membres de la société civile, dans une démarche visant à alimenter la réflexion sur les enjeux migratoires actuels.
Présente à la cérémonie et intervenant lors du discours d’ouverture, la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, a présenté la migration comme une réalité profondément ancrée dans l’histoire d’Haïti. Elle l’a qualifiée de phénomène souvent contraint, douloureux et inhumain. Dans son intervention, la ministre a évoqué des données illustrant l’ampleur du phénomène migratoire à l’échelle mondiale, soulignant que des centaines de millions de personnes vivent aujourd’hui en dehors de leur pays d’origine. Elle a lancé un appel aux États à se doter de politiques migratoires à la fois humaines et efficaces.
Selon elle, ce colloque s’inscrit dans une volonté claire de rassembler les acteurs étatiques afin de poser les bases d’une nouvelle politique migratoire, cohérente, concertée et adaptée aux réalités actuelles. « La question migratoire est un enjeu majeur dans notre politique étrangère, et nos ambassades et consulats en sont les premiers relais », a-t-elle affirmé.
Prenant pour exemple la situation sécuritaire en Haïti, la ministre a souligné que de nombreux compatriotes quittent le pays non par choix, mais par nécessité, souvent dans des conditions difficiles, à la recherche de stabilité et d’un meilleur avenir.
Elle a également attiré l’attention sur les risques liés aux parcours migratoires, évoquant notamment les pertes en vies humaines, le trafic, l’exploitation, les expulsions et les séparations familiales. « Nous sommes préoccupés par les drames qui jalonnent le parcours migratoire », a-t-elle précisé.
Par ailleurs, Haïti réaffirme sa volonté de travailler avec ses partenaires afin de promouvoir des migrations sûres, ordonnées et régulières, dans le respect des droits humains, des pays d’accueil et au service de la stabilité régionale et internationale.
Les autorités entendent notamment renforcer les voies légales de migration, dialoguer avec les partenaires internationaux, négocier des accords, plaider pour des politiques de visas et de régularisation, tout en s’attaquant aux causes profondes de la migration irrégulière. Elles souhaitent également créer des conditions favorables au retour volontaire des ressortissants haïtiens.
« Une nouvelle politique migratoire est une nécessité pour Haïti : une politique qui protège, organise et valorise, et qui transforme ce défi en opportunités réelles de développement », a soutenu la ministre.
Elle a également annoncé que le MAEC, à travers son réseau diplomatique et consulaire, accompagnera le processus pilote de vote de la diaspora, prévu pour se tenir pour la première fois.
En marge de ce colloque, plusieurs conférences ont été organisées, dont une intervention d’un cadre de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), axée sur le thème : « OIM : interventions et défis ».
Sorah Schamma Joseph.
