Depuis 2015, la lutte contre l’hépatite progresse et commence à porter ses fruits. Toutefois, sans une accélération urgente de la prévention, du dépistage et des traitements à l’échelle mondiale, son élimination d’ici 2030 restera hors d’atteinte, alerte l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Le nombre annuel de nouvelles infections par l’hépatite B a ainsi baissé de 32 % et les décès liés à l’hépatite C ont diminué de 12 % à l’échelle mondiale. La prévalence de l’hépatite B chez les enfants de moins de cinq ans a également diminué pour atteindre 0,6 %, 85 pays ayant atteint ou dépassé l’objectif de 0,1 % fixé pour 2030.
Selon l’OMS, ces résultats reflètent l’impact d’une action mondiale et nationale soutenue et coordonnée, suite à l’adoption par les États membres des objectifs d’élimination de l’hépatite virale de l’OMS lors de l’Assemblée mondiale de la Santé en 2016.
1,34 million de morts en 2024
« Partout dans le monde, les pays démontrent que l’élimination de l’hépatite n’est pas une utopie : c’est possible grâce à un engagement politique soutenu, appuyé par un financement national fiable », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.
Toutefois, le rapport met en garde contre un rythme de progression encore trop lent, appelant à intensifier les actions de prévention, de dépistage et de traitement afin de respecter les objectifs d’élimination fixés pour 2030. Selon l’OMS, « de nombreuses personnes ne sont toujours pas diagnostiquées ni traitées en raison de la stigmatisation, de la faiblesse des systèmes de santé et d’un accès inégal aux soins ».
Les hépatites virales B et C - les deux infections responsables de 95 % des décès liés à l’hépatite dans le monde - ont coûté la vie à 1,34 million de personnes en 2024, selon les dernières données disponibles.
Lacunes dans la riposte
Si les décès liés à l’hépatite C sont plus dispersés géographiquement, dix pays - le Bangladesh, la Chine, l’Éthiopie, le Ghana, l’Inde, l’Indonésie, le Nigéria, les Philippines, l’Afrique du Sud et le Vietnam - ont représenté près de 70 % des décès liés à l’hépatite B dans le monde en 2024.
Parallèlement, la transmission se poursuit, avec plus de 4.900 nouvelles infections chaque jour, soit 1,8 million par an. Au total, 287 millions de personnes vivaient avec une infection chronique par l’hépatite B ou C en 2024.
Sur les 0,9 million d’infections supplémentaires par l’hépatite C enregistrées en 2024, les consommateurs de drogues injectables représentaient 44 % des nouvelles infections.
Par ailleurs, la Région africaine de l’OMS a représenté près de 70 % des nouvelles infections par l’hépatite B, mais seulement 17 % des nouveau-nés de la région ont reçu la dose de vaccin contre l’hépatite B à la naissance.
Des solutions éprouvées
Malgré ces défis, les progrès réalisés dans des pays tels que l’Égypte, la Géorgie, le Rwanda et le Royaume-Uni démontrent qu’il est possible d’éliminer l’hépatite en tant que problème de santé publique grâce à un engagement et à des investissements soutenus.
A cet égard, l’OMS met en avant des outils efficaces comme le vaccin contre l’hépatite B, qui protège plus de 95 % des personnes vaccinées contre les infections aiguës et chroniques.
Il y a aussi un traitement antiviral à long terme contre l’hépatite B, qui peut aider à prendre efficacement en charge l’infection chronique et à prévenir les maladies hépatiques graves. L’OMS souligne les effets d’un traitement curatif de courte durée contre l’hépatite C, d’une durée de 8 à 12 semaines, qui peut guérir plus de 95 % des infections.
Afrique, Pacifique et Méditerranée orientale
« Chaque diagnostic manqué et chaque infection non traitée due à une hépatite virale chronique représentent un décès qui aurait pu être évité », a déclaré Dre Tereza Kasaeva, Directrice du Département VIH, tuberculose, hépatites et infections sexuellement transmissibles de l’OMS.
Pour l'agence onusienne, il faut donc intensifier le traitement de l’infection chronique par l’hépatite B, en particulier dans les régions de l’Afrique et du Pacifique occidental de l’OMS, et d’élargir l’accès au traitement de l’hépatite C dans la région de la Méditerranée orientale de l’OMS.
Elle appelle également à un engagement politique et à un financement accrus, à une meilleure couverture de la vaccination contre l’hépatite B à la naissance et à l’élargissement de la prophylaxie antivirale pour prévenir la transmission mère-enfant de l’infection par le VHB, en particulier dans la région africaine de l’OMS.
ONU INFO
