Son anniversaire, célébré le 12 mai, rejoint symboliquement la Journée Internationale des Infirmières, une date qui lié particulièrement avec son parcours. Car depuis plusieurs années, elle construit une trajectoire professionnelle marquée par la discipline, l’engagement académique et le leadership institutionnel.
Le 12 mai de Katia Duverne : portrait d’une femme au chevet d’Haïti
Dans les couloirs souvent étroits et haletants des urgences, là où la douleur arrive sans prévenir, là où les cris, les silences et les regards deviennent des langues universelles, Katia Duverne a appris à dialoguer avec l’urgence humaine. Infirmière urgentiste de formation, elle a très tôt compris que soigner ne consiste pas uniquement à administrer des traitements, mais à préserver la dignité fragile des vies qui vacillent.
Son parcours académique témoigne d’une femme en perpétuelle élévation intellectuelle. Titulaire d’un Master 1 en maladies infectieuses et engagée dans un Master 2, elle fait partie de ces professionnelles qui considèrent le savoir comme une responsabilité morale. Dans un pays où les crises sanitaires révèlent souvent les failles profondes des institutions, elle oppose à l’incertitude la rigueur scientifique, la discipline et la quête constante d’excellence.
Mais réduire Katia Duverne à une simple fonction hospitalière serait ignorer l’ampleur de son engagement. Car derrière la blouse blanche vit aussi une éducatrice, une stratège et une bâtisseuse d’avenir. En tant que Directrice des Études à Institut Universitaire Chrétien Gédéon, elle participe à la formation de nouvelles générations de professionnels appelés à porter demain le système de santé haïtien sur leurs épaules fragiles mais déterminées.
À Hôpital La Paix, où elle dirige le service de chirurgie comme infirmière cheffe, elle conjugue fermeté administrative et humanisme clinique. Ceux qui travaillent à ses côtés évoquent une femme capable d’apaiser une salle de crise par la seule maîtrise de sa voix, une femme dont le leadership ne se construit ni dans le bruit ni dans l’autorité brutale, mais dans la compétence et l’écoute.
Son itinéraire professionnel traverse également plusieurs institutions majeures telles que Médecins Sans Frontières, World Vision et PCH Haïti. Elle a aussi servi au CAN comme cheffe du service du troisième âge, affrontant avec sensibilité la solitude et la vulnérabilité des corps vieillissants, ces bibliothèques humaines que le temps fatigue lentement.
Son engagement dans la formation infirmière à Institut Nursing de Delmas comme coordonnatrice révèle une autre facette de sa personnalité : celle d’une femme convaincue que la transmission est une forme de résistance. Former, dans un pays confronté à la fuite des compétences et à l’épuisement des ressources humaines, devient alors un acte profondément patriotique.
Mais au-delà des titres et des responsabilités, ce qui singularise profondément Katia Duverne, c’est sa volonté d’inscrire la profession infirmière dans l’espace public haïtien comme une force intellectuelle, sociale et politique. Vice-présidente de VISARI Entreprise et conseillère au sein de ARDII, elle défend un leadership féminin enraciné dans l’action, l’éthique et la transformation sociale.
Godson MOULITE
