Pères célibataires (suite à l’article précédent « le rôle de père »

Rares sont les pères qui ont l’entière responsabilité d’un bébé, mais ceux qui vivent cette situation connaitront les mêmes joies et difficultés qu’une mère seule. Excepté pour l’allaitement, le fait d’être un homme n’est pas un handicap pour prendre soin quotidiennement d’un enfant.

 

Les avantages

Prendre soin seul d’un bébé n’est pas une situation idéale. Pourtant, un père célibataire peut tirer encore plus davantage de cette situation que s’il avait partagé cette tâche avec sa conjointe. Des recherches ont montré qu’un père célibataire, contrairement à un père traditionnel, tire une plus grande satisfaction de son rôle, se sent plus proche de ses enfants, a plus confiance en lui et se montre plus efficace.

Les inconvénients

L’isolement reste le principal inconvénient ou problème des pères célibataires. Ils devront peut-être se battre pour obtenir une certaine reconnaissance dans un milieu dominé en grande partie par les femmes. Certaines personnes mettront aussi en doute, malheureusement leur habileté à élever correctement  leur enfant. Toutefois, au fil du temps, les pères à temps plein cesseront d’être des cas d’exception pour devenir de simples parents. Au même titre que leurs amies mères, partageant avec elles les mêmes joies et les mêmes difficultés.

Nouvelles responsabilités

La venue d’un enfant entraine des obligations. Avant la naissance, si les deux conjoints refusaient de nettoyer la salle de bains, par exemple, cette tache pouvait être reportée. En revanche, on ne peut pas remettre à plus tard les besoins d’un enfant : ces derniers ont priorité et quelqu’un doit immédiatement y répondre. Le temps employé auparavant à d’autres taches doit désormais être consacré au bébé.

Idéalement, les conjoints devraient se partager à part égale le travail, mais en réalité, la femme se retrouve souvent seule à faire le plus gros de la tâche. Selon les attentes de chacun, les conjoints peuvent éprouver du ressentiment et cette situation peut éventuellement mener à une séparation.

Intensification des conflits

Des recherches menées aux États-Unis d’Amérique ont montré qu’un mariage sur deux décline avec la venue du premier enfant. Tous les couples qui ont participé à cette étude, quelle qu’ait pu être leur faculté d’adaptation, ont vu les conflits s’intensifier de 20 % au cours de leur première année comme parents. Bien que ces conflits soient parfois sains, les nouveaux parents ne s’y attendent pas. Dans le but de réduire la tension causée par cette situation, les conjoints devraient à tout le moins avoir une idée de ce qui les attend et être prêts à accepter les compromis. Lorsque parait l’enfant, il faut réorganiser sa vie !

Élever seul un enfant

Si vous êtes un parent seul, vous ne connaitrez pas la grande satisfaction de partager avec votre conjoint les soins quotidiens du bébé ou les joies de le voir grandir. Sans un bon réseau de soutien, cette situation peut entrainer une grande fatigue physique et émotive. Par contre, le fait de savoir que vous avez accompli la tâche seul peut-être très enrichissant autant pour vous que pour votre bébé.

Parent seul par choix ?

Si vous avez choisi d’être mère monoparentale, vous êtes peut-être mieux préparée que d’autres à vous occuper d’un jeune enfant sur les plans émotif, pratique et financier. Vous avez sans doute hâte de connaitre cette expérience. Par contre, si vous vous êtes séparée de votre conjoint pendant votre grossesse ou peu après la naissance de l’enfant, vous pourriez éprouver certaines difficultés. Les problèmes émotionnels causés par la séparation et le fait de devoir vous occuper seul d’un jeune bébé influeront probablement sur votre habileté à faire face aux difficultés. Dans ce cas, vous devriez demander et accepter de l’aide extérieure.

 

Être parent seul peut s’avérer positif

La condition de parent seul ne condamne pas nécessairement celui-ci à un avenir sombre. La relation spéciale entre un parent seul et son enfant peut apporter beaucoup. Il importe de souligner qu’un parent seul peut développer souvent un lien beaucoup plus étroit avec son enfant ; il n’a pas à partager son amour entre son conjoint et son enfant. La famille étendue – les grands-parents, les oncles et les tantes – offre en général beaucoup plus volontiers son aide au parent seul. Le bébé peut tirer profit de ce réseau de soutien et d’amour. Prendre soin d’un enfant seul représente une grande réalisation personnelle. La force morale du parent seul s’accroitra au fur et à mesure de l’évolution de l’enfant. La décision d’être seul parce qu’on ne s’entend plus avec son conjoint est judicieuse ; le bébé sera plus heureux s’il vit avec un seul parent heureux, plutôt qu’avec les deux personnes en conflit l’une avec l’autre.

 

Mes conseils

 

- On fait taire la culpabilité. C’est probablement l’aspect le plus difficile à contrôler. On se sent coupable d’imposer notre séparation ou divorce aux enfants et on a peur que ce traumatisme leur cause des séquelles à court ou à long terme. On se sent coupable de ne pas pouvoir en faire plus — professionnellement et au quotidien — ou de n’être là qu’une semaine sur deux ou un weekend sur deux.

 

- On prend du temps pour soi.

Lorsque la garde des enfants est partagée, on profite de leur absence pour se ressourcer, et non pas uniquement pour reprendre le dessus sur la semaine qui vient de passer — lavage, ménage, courses et cuisine pour la semaine à venir! Pour demeurer sain (e) d’esprit, il faut souffler un peu — dormir davantage, s’entrainer plus longtemps, se détendre, sortir avec des amis, etc. Si on est parent célibataire à temps plein, on fait appel à une gardienne une fois de temps en temps (même si on se sent coupable) pour faire une activité de son choix.

 

- On se crée un réseau d’entraide.

C’est très important d’avoir un réseau sur qui compter en cas de besoin. Vous êtes pris dans le trafic et ne serez pas à l’heure à la garderie? Est-ce qu’un autre parent peut ramener votre enfant? Liez-vous d’amitié avec vos voisins, avec les parents d’élèves de l’école, du club sportif de votre enfant, etc. Rendez service aux autres parents lorsque vous le pouvez. Ils feront de même avec vous le temps venu.

 

- On met en place une routine pour rester zen, c’est-à-dire plutôt calme d’esprit.

Le but de la routine est de sécuriser les enfants. Le parent en autorité sera plus calme et plus à même de passer du bon temps avec les enfants si les tâches et les rôles sont bien établis – heure du bain ou de la douche, l’heure du coucher, le temps passé devant l’ordinateur et les tâches que chacun doit accomplir en fonction de son âge. Les jours de semaine seront plus faciles à gérer et les petits moments doux consacrés à avoir du plaisir ensemble plus nombreux.

 

‘’ Faire de la famille le plus bel endroit à vivre ‘’

 

 

Jonas ALCÉ, Conseiller conjugal, familial, expert en Relation de couples et (organisateur  des séminaires pour l’amélioration des relations des mariages). E-mail: jonasalce22@gmail.com

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