Le tirage au sort a livré son verdict : Haïti affrontera l’Écosse le 13 juin, le Brésil le 19 juin et le Maroc le 24 juin dans un groupe C où chaque adversaire affiche pedigree, intensité et ambition.
Une poule exigeante, certes, mais la réaction de certains observateurs — prophétisant trois défaites sèches, sans espoir ni sursaut — révèle un pessimisme devenu presque réflexe national.
Mais ce fatalisme est-il seulement sérieux ? Est-il même acceptable ?
Les Grenadiers n’ont rien volé : ils ont conquis leur place
On semble l’oublier : si Haïti est à la Coupe du Monde, c’est grâce à une qualification arrachée avec courage, discipline et une volonté farouche.
Les Grenadiers ne se sont pas invités par hasard :
• ils ont démontré un état d’esprit exemplaire,
• une capacité à surmonter l’adversité,
• et un football fait d’énergie, de créativité et de résilience.
On peut débattre de leur niveau actuel, mais pas de leur mérite, ni du fait que, dans ce sport, le mental représente au moins 70 % de la performance.
Le mauvais procès du pessimisme
Au lieu d’enterrer l’équipe avant même l’entrée en lice, les plus sceptiques devraient employer leur énergie autrement :
• plaider pour le renforcement du groupe,
• soutenir l’intégration de nouveaux talents,
• exiger une préparation rigoureuse,
• multiplier les matchs amicaux pendant les fenêtres FIFA,
• obtenir des stages d’entraînement dans des installations modernes, indispensables pour atteindre le niveau physique exigé par un tel tournoi.
Comment espérer des miracles le 13 juin si l’on sabote, par indifférence ou résignation, les mois qui précèdent ?
L’excellence ne naît pas du hasard : elle se prépare, se finance, s’organise.
Une mobilisation nationale derrière le CN et toute l’équipe s’impose
L’équipe nationale représente le pays entier. Il est donc urgent que :
• l’État haïtien,
• le secteur privé,
• la diaspora,
se mobilisent pour doter la sélection des ressources nécessaires à une préparation digne : logistique, accompagnement médical, analyses vidéo, haut niveau d’entraînement, nutrition adaptée, tout ce qu’exige le football moderne.
Cette Coupe du Monde, organisée du 11 juin au 19 juillet 2026, n’est pas un simple tournoi : c’est une fenêtre historique pour projeter une autre image d’Haïti, une énergie nouvelle, un récit de dignité et d’effort partagé.
Ne donnons pas raison aux pessimistes
Si les Grenadiers bénéficient du soutien adéquat, ils peuvent :
• surprendre,
• bousculer les hiérarchies,
• offrir au peuple haïtien une joie rare dans ces temps difficiles.
Ceux qui doutent aujourd’hui pourraient bien être ceux qui applaudiront le plus fort demain.
Un message au CN: continuez sur votre lancée.
L’histoire n’est jamais écrite d’avance — surtout dans le football. Elle se conquiert.
Gérald Bordes
