Ancien directeur technique national de football et aujourd’hui adjoint au maire de Tabarre, Wilner Étienne a marqué la Journée internationale du sport, le 6 avril, en réunissant à l’hôtel Oasis plusieurs acteurs du mouvement sportif autour d’une matinée de réflexion placée sous le thème : « Construire des ponts, briser les barrières ».
À travers les différentes interventions, le sport a été présenté, comme d'habitude, comme un levier de développement, un instrument de paix et de cohésion sociale, mais aussi comme une source de santé, d’opportunités et d’espérance pour la jeunesse haïtienne.
Dans son allocution, Wilner Étienne a insisté sur la capacité du sport à rapprocher les individus et à dépasser les clivages sociaux, culturels et idéologiques.
Il a notamment plaidé pour que le parcours inspirant de Melchie Daëlle Dumornay, partie de Mirebalais où elle jouait pieds nus avant de s’imposer sur la scène internationale, serve d’exemple aux jeunes filles comme aux jeunes garçons.
Plusieurs personnalités ont enrichi les échanges. José Cherenfant, représentant de l’OFATMA, a mis en avant le sport comme vecteur de santé publique, rappelant son rôle dans la prévention de nombreuses maladies chroniques. Romanes Samedi, animateur de Mega Booster sur Radio Mega, a, pour sa part, interpellé les élites haïtiennes sur leur responsabilité dans le développement du pays et les a exhortées à investir davantage dans le sport dans le cadre d’un véritable projet national.
Le secrétaire général de l’ASHAPS, Kenson Désir, a lancé un appel appuyé aux journalistes sportifs, les invitant à davantage d’unité et de solidarité professionnelle afin d’accompagner utilement la promotion du sport national à l’approche de la Coupe du Monde.
Jean Manassé Elien a, lui, insisté sur les opportunités qu’offre cette échéance mondiale, tout en soulignant la nécessité pour Haïti de clarifier son orientation entre sport amateur et sport de haut niveau.
Les anciens internationaux Webbens Princimé, dit Itala, et Jean Roland Dartiguenave ont également pris part aux discussions.
Le premier a évoqué la nécessité d’un plan structuré entre le sélectionneur national et la Fédération haïtienne de football en vue de la Coupe du monde, tandis que le second a insisté sur l’intérêt de valoriser l’image des Grenadiers et de Dumornay pour stimuler l’imaginaire et l’engagement des jeunes générations.
La rencontre s’est tenue en présence de plusieurs personnalités, parmi lesquelles l’ancien ministre des Sports, le Colonel Himmler Rébu et des étudiants de l’ISNAC.
Elle a bénéficié du soutien de l’OFATMA, de Radio Mega, de Comme Il Faut, de Vasco, de la SOGEDIPA et du Complexe Dede.
En clôture, Wilner Étienne a remis aux participants et aux journalistes un glossaire tactique et technique des termes footballistiques (nous y reviendrons), tout en annonçant son intention de reproduire ce type d’initiative dans d’autres départements.
Mais au-delà de la pertinence de ces prises de parole et de la générosité des intentions, une vérité demeure : sans un plaidoyer national fort en faveur du rétablissement de la sécurité et sans la mise en place d’un véritable écosystème de gouvernance du sport — cohérent, crédible, structuré et durable —, ces propositions, aussi intéressantes soient-elles, risquent de rester dispersées, fragiles et, au fond, vaines.
Car le sport ne peut durablement construire des ponts dans un pays où l’insécurité détruit les routes, tue les talents, les institutions et jusqu’à la possibilité même d’une politique sportive sérieuse.
Gérald Bordes
