Viens voir les comédiens,
Voir les musiciens,
Voir les magiciens
Qui arrivent, chante Charles Anazvour
Ce court texte est l'histoire d’un groupe de comédiens sur scène dans un spectacle de mauvais goût faites de méli-mélo, de bric-à-brac, de tohu bohu pour des télespectateurs sans émotion sur une chaine de télevision qui, dans une période dite transitoire, s’allune à peine. Venez voir, venez voir les comédiens qui arrivent. Dépêchez-vous, bientôt le rideau va se lever, annonce à haute et intelligible voix le présentateur de la soirée. Effectivement, il était 7 heures 2 minutes et 26 segondes quand le rideau était lévé. Et ils défilent l'un après l'autre. Hier, ils étaient médecins, musiciens, aujourd’hui magiciens, mais jamais des citoyens ou des êtres humains avec des sensibilités sociales.
Comme dans le refrain d'une chanson bien huilée, sur l'ordre d'un grand maestro au sous-groupe de comédiens, le spectacle avait commencé comme il avait été prevu dans le laboratoire qui ne produit pas des mots pour des maux. À noter bien, sous forme de diktats, que l'ordre du groupe est aussi l'ordre du sous-groupe. Celle qui finance, c’est celle qui commande, dit-on. C'est-à-dire, pas de place pour de fausses notes. Puisque, c'est un spectacle désaccordé par des accords mal accordés dans l'accordéon d'un grand chef d'orchestre qui, au départ, savait comment donner cohésion à une mauvaise partition, donc les télespectateurs, comme d'habitude, suivent le spectacle des comédiens. Et le refrain était, après nous, c'est encore nous. Ou de préférence,blanc bonnet, bonnet blanc, autrement dit "deux choses, personnes ou situations présentées comme différentes sont, en réalités identiques ou strictement équivalentes.”
Sur une chaine de télévision d'un petit écran cassé, d'un cable payé aux abonnés absents, comme dans un match de football, au grand rendez-vous, le public, chauffé à blanc, intensément zélés, certains fervents télespectateurs de ces comédiens attendent, malheureusement, un denouement heureux, en d’autres termes ‘’une issue favorable à l'intrigue exposée." Et cela ne date pas aujourd’hui.
Tout récemment, dans son égoïste et les dikats des uns et des autres, pendant longtemps comme dans un acte d’un patient mourant qui se joue sur le lit d’un hôpital mal équipé et des résidents de mauvaise fois, tout en ne faisant rien de palpable, un vieux, comme médecin traitant, se voulait être toujours au chevet du malade, Et hier encore, c’était le cas de neuf comédiens dans un role de figurant ou de silhouette qui se servaient à étoffer la scène. Ils faisaient “partie des acteurs de complément qui participaient au décor et servent à rendre une scène plus vraisemblable sans avoir de rôle principal”, sinon que d’être là. Un comédien, encore nostalgique, souffrir d’une pathologie chronique de rester toujours sur scène, pour parvenir à interpréter des textes tragiques, c’était toujours au lit qu’il lit, malheureusement, le mauvais script écrit par un directeur de théatre dont les recommandations et prises en charge ne sont pas différentes des autres metteurs en scène des années précédentes.
Dans le role de cabotin, même les mauvais actes, les comédiens les jouent mals. Pour un métier qui ‘’exige de la mémorisation, des répétitions intenses, une collaboration étroite avec et une grande capacité d'adaptation’’ ils prouvent qu’ils ne sont pas du métier. Là, on n’est pas besoin d’être un expert sur scène pour, avec toutes ces anormalies faites de folie, de débris et de trouble, arriver de comprendre le comportement grotesque et un peu fou de ces comédiens. Comme dans un acte de tragi-comédie, ces comédiens dans un fait semblant n’excitent pas les gens à rire, mais de préférence à crier. Puisque d’une souffrance en git une autre qui, dans bien des circonstances, plus douloureuses que celle d’avant, donc vu la souffrance constante, les téléspectateurs, dans cette tragédie de théâtre pathétique, poignante ou navrante, ils vivent constamment d’un chagrin qui s’exprime dialectiquement entre sanglots et larmes. Au point qu’aujourd’hui, ils arrivent à un carrefour qu’ils non plus de larmes à verser.
Esau Jean-Baptiste
