L'Université d'Etat d'Haiti (UEH) est en train d'uniformiser les programmes de méthodologie dans les facultés et instituts ou entités. Une initiative très attendue compte tenu d'une divergence de théories méthodologiques enseignées en fonction des compétences des professeurs formés dans les différents pays du centre. Ce qui rend un casse-tête une construction d'un guide de mémoire de sortie dans une même entité, voire dans des entités différentes.
Du 10 au 12 mars 2026, dans la grande salle du Rectorat, plus de 48 participants incluant le Vice-recteur aux Affaires académiques de l'UEH en la personne du Dr Prédner Duvivier et des membres supérieurs des entités et des professeurs de méthodologie et autres se trouvaient de la rencontre pour partager leurs expériences, améliorer leurs capacités d'enseignement et s'informer de nouvelles orientations qui seraient en cours.
Plusieurs points relevant des cours de méthodologie, de mémoires de sortie et de l'encadrement ont été abordés. Parmi ces derniers, les problèmes éthiques (professeur Daniel Dorival), l'état des lieux par entité (professeur Jean Vladimir Gustinvil), l'identification des problèmes communs et spécifiques (professeurs Jean Sergo Louis, Klifft André) ont été revisités d'une manière préalable. Voyons ci-dessous un essai sur l'explication de ces différents points!
Dans l'analyse de l'état des lieux, a été identifiée l'absence d'un document régissant la rédaction formelle du mémoire au sein des facultés et suivant laquelle un groupe de pairs a discuté 7 grilles concernant les pratiques actuelles, difficultés, bonnes pratiques, etc. A travers cette discussion, il est compris que l'atelier suivant le professeur Gustinvil est un programme "d'échanges sur l'encadrement et la réalisation des mémoires de fin d'études et vise à identifier les pratiques d'encadrement des mémoires de fin d'études."
Fondamentalement, les discutions méthodologiques se sont enchainées et se sont reposées sur la définition et la compréhension de la méthodologie en soi. Ainsi, après plusieurs controverses, l'on a abouti à une définition formelle comme par exemple un ensemble de moyens ou techniques pour réaliser un travail scientifique. Cette définition est presque similaire à celle formulée par Creswell (2003). Ici la définition de la méthodologie était requise en vue de situer la déontologie de la recherche.
Le rappel sur la protection du sujet humain a été exploré avec son manque de pratiques dans les recherches à l'UEH. Il est essentiel d'avoir un comité d'éthiques plus présent dans les entités. En deux fois à l'Institut d'Etudes et de Recherches Africaines d'Haiti (IERAH-ISERSS) deux étudiants ont été refusés par des informateurs qui réclament une forme de consentement éclairé.
Cependant, un autre cas a fait écho pendant l'atelier sur des recherches sur les animaux. Des réactions se sont contrôlées après une précision apportée par un des principaux intervenants de l'atelier. Dans le protocole de recherche prévu à l'UEH, les problèmes éthiques seront pris d'une manière plus adéquate et académique. Cette mesure est majeure à ce que les considérations éthiques à ce point constituent un principe fondamental de la recherche professionnelle avec lequel l'étudiant doit se familiariser.
Pour plusieurs intervenants, il faut adresser la protection du sujet humain dans la recherche au-dessus des problèmes de plagiat et de l'utilisation des réflexions numériques de l'Intelligence Artificielle (IA). C'est pour signifier que de très souvent le plagiat est considéré comme le premier levier des problèmes éthiques. Ce qui n'est pas vraiment évident. Et ceci plusieurs moyens ont été envisagés pour le contrôler suivant une meilleure supervision de la part des directeurs de mémoire.
Les exigences consenties c'est que les encadreurs doivent accorder plus de temps aux travaux pour mieux évaluer un mémorand ou cerner son objectif dans un travail donné dès le début afin de suivre ses idées et identifier toutes les incohérences liées aux éléments du plagiat. Dans le même ordre d'idée, il est à considérer une réorganisation des staffs professoraux avec plus de professeurs à temp plein. Pour éviter une démarche nulle, plus de contrôle dans l'emploi du temp plein doit être exercé par les décanats ou les chefs de département.
Au bout de compte, le contrôle du plagiat peut être possible avec l'utilisation d'un logiciel de test anti-plagiat. Il est proposé que l'UEH puisse mettre ledit logiciel à la disposition des entités.
A ce niveau la controverse concerne l'utilisation des textes de l'IA. Deux façons de concevoir ce contrôle qui est très incertain. Une première approche comprend que les données de l'IA utilisées ne sont pas du plagiat, mais elles constituent un blocage dans la capacité de réflexions des étudiants, lequel entraine un processus de robotisation mental très élitiste. Alors ce phénomène n'est pas tout à fait apprécié. Il faut une supervision plus poussée du travail des étudiants et qui peut contraindre ces derniers suivant des questions complémentaires clés à réfléchir sur les idées dégagées à partir de l'IA. Donc une approche sur réflexive qui permet l'étudiant à repenser les réflexions de l'IA et intérioriser le contenu prêté.
L'utilisation de l'IA dans les travaux intellectuels constitue un phénomène social montant, et l'on ne peut l'arrêter pendant son ascendance jusqu'à son apogée. Le professeur Gustinvil a dans ce sens supporté l'idée que l'on ne peut jamais empêcher l'utilisation de l'IA par les étudiants puisque que ses produits sont intraçables. Il faut construire de meilleures stratégies pour pouvoir les utiliser et les contrôler.
La capacité des étudiants et la valeur des mémoires dépendent des réflexions ou l'analyse des étudiants sur une problématique donnée. Alors, l'accompagnement des étudiants est majeur suivant la compétence des encadreurs, les capacités linguistiques des étudiants, les ressources logistiques et financières disponibles. Ainsi, des intervenants ignorant les langues nationales prescrites par la Constitution de 1987 pour extérioriser leur mépris vis-à-vis des mémoires rédigés en créole. Cet héritage de 1986 n'est pas une voie à suivre d'après eux, et un mémoire en créole ne répond pas aux critères scientifiques de la recherche. Il faut davantage plus de codification de la langue par des experts ou linguistes avisés. Et cette idée est construite dans la vue de la valorisation des mémoires.
Toutes ces approches constituent un poids lourd dans l'accompagnement des mémoires qui se concentre entre les mains d'un encadreur qui est un vacataire et enseigne un cours ou une chaire très mal rémunérée. L'ouvrier qui travaille mérite son salaire, mais pas seulement bien adéquat mais à temps. L'UEH a bien des détails à fixer si elle veut un programme de recherche adéquat dans les entités envers les mémorands. Voilà pourquoi, à un niveau le plus bas, les intervenants ont discuté les problèmes de documentation par l'absence des bibliothèques convenables dans les entités. Sur ce, ils ont fait valoir une souscription de l'UEH à des bases de données internationales ou des réseaux de revues et journaux scientifiques.
Tout au cours de cette présentation, restée dans l'ombre est la discussion sur l'harmonisation des méthodes enseignées. Bien que les intervenants et participants se sont mis d'accord sur une définition commune à la méthodologie, mais ils ont eu du mal à harmoniser les différentes tendances méthodologiques émergeant pendant la discussion.
Les bretelles méthodologiques qui définissent les trois méthodes fondamentales comme la quantitative, la qualitative et la mixte ne sont pas bien retracées puisque chaque intervenant ou participant a sa propre leçon des méthodes dérivées d'un courant scientifique bien déterminée. Ainsi, l'atelier qui a pris fin dans l'après-midi du 12 mars 2026 en présence du Recteur Dieuseul Prédélus et le Vice-recteur Duvivier a laissé des participants sur la barre de plusieurs attentes en vue de faciliter plus de rencontres du même genre engageant l'harmonisation des méthodes.
En effet, à travers leurs mots de la fin presque similaires, le Recteur et le Vice-recteur présents espèrent une prolifération de ces rencontres en vue de créer un guide complet de mémoire de sortie presque commun, d'harmoniser les programmes de recherches dans les entités, faire progresser les rédactions des mémoires de sortie et augmenter le taux des diplômés.
Rhodner J. Orisma
Département de et science politique
IERAH-ISERSS
Université d'Etat d'Haiti
Références
Creswell, J. W. (2003). Research Design: Qualitative, quantitative and Mixed method approaches. 2nd ed. Thousand Oaks, CA: Sage Publications.
Constitution d'Haïti du 29 mars 1987. Version amendée le 9 mai 2011.
