Je ne me tairai pas
Je ne me fatiguerai pas.
Et je ne cesserai jamais de prendre des positions, même lorsqu’elles dérangent, même lorsqu’elles vont à l’encontre de l’opinion d’autruis et même aux perils de ma vie, surtout lorsqu’il s’agit d’Haïti.
Parler d’Haïti, ce n’est pas seulement évoquer son présent. C’est affronter son passé. C’est dénoncer les erreurs répétées, les trahisons accumulées, et les silences complices qui ont permis à la destruction de s’installer.
Pendant des décennies, nous avons vu les mêmes visages, les mêmes pratiques, les mêmes promesses creuses. Nos soi-disant dirigeants n’ont pas seulement échoué, ils ont méthodiquement contribué à l’effondrement du pays. Et face à eux, il y a pourtant des hommes et des femmes capables de bâtir, de relever, de transformer notre mère Patrie
Mais soyons lucides: ils n’ont pas agi seuls. Ils ont compris une chose essentielle, l’union fait la force. Alors ils se sont unis… non pas pour construire, mais pour détruire. Ils ont créé une machine, une force organisée, cohérente dans sa mission: maintenir Haïti à genoux.
Et pendant ce temps, où étions-nous? Où étaient nos élites? Où étaient nos consciences éveillées?
Car la vérité est dure, mais elle doit être dite: ce qui a manqué, ce n’est pas l’intelligence. Ce n’est pas la capacité. Ce n’est pas le talent.
Ce qui a manqué… c’est le courage d’agir ensemble.
Et je le dis sans détour:
je n’ai pas peur de ceux qui ont détruit ce pays pendant des décennies. Non.
Ce qui m’inquiète profondément, ce sont ceux et celles qui se présentent aujourd’hui comme des bâtisseurs, sans avoir la capacité, ni la volonté, de travailler ensemble. Car sans unité, sans vision commune, même les meilleures intentions deviennent stériles.
Nous avons des femmes et des hommes brillants. Nous avons des esprits capables de changer le cours de notre histoire. Mais trop souvent, ils sont restés isolés, divisés, ou silencieux face à l’urgence.
Aujourd’hui, il est temps de comprendre: si une minorité a pu s’unir pour détruire un pays… alors une majorité peut s’unir pour le reconstruire.
Haïti n’est pas condamnée.
Haïti attend.
Haïti appelle.
Et cette fois, nous n’avons plus le droit de détourner le regard.
Dr. Yves Jean MD
Lefragile@yahoo.com
Alumni Brooklyn collegea
