Lorsque deux pays frontaliers se disputent l’influence, la domination ou simplement leur survie stratégique, cette rivalité peut s’exprimer sur plusieurs plans : économique, militaire, scientifique et culturel. La frontière, loin d’être une simple ligne sur une carte, devient alors une ligne de front dans une guerre d’influence plus subtile, mais tout aussi déterminante. Entre Haïti et la République dominicaine cela ne semble pas le cas, car de notre côté, nous ne pensons pas en termes de rivalités. Nous sommes enfermés dans des attitudes émotionnelles, comme si quelque part nous nous plaisions dans la position de victime.
Sur le plan économique, la compétition se manifeste par la course à l’attractivité : investissements étrangers, développement industriel, infrastructures de pointe. Chaque pays cherche à séduire les multinationales, à booster ses exportations, et à s’imposer comme pôle régional de croissance. Entre Haïti et la République dominicaine, ce n’est pas le cas. Il n’y a que la République voisine qui est dans la dynamique du dépassement de la nation voisine. Cela pousse leurs gouvernements à investir dans l’innovation, à améliorer le climat des affaires, et à élever le niveau de vie.
Militairement, la proximité peut raviver des souvenirs historiques douloureux, des conflits non résolus, ou des différends territoriaux latents.
La rivalité pourrait s’étendre aussi au domaine scientifique et technologique. Les deux pays peuvent se lancer dans une course à la recherche, à l’intelligence artificielle. Cela stimulerait les investissements publics dans l’éducation, encourage les partenariats universitaires et renforce les écosystèmes d’innovation.
Enfin, la sphère culturelle est souvent le théâtre d’une bataille plus douce, mais tout aussi stratégique : celle de l’influence. Langue, cinéma, gastronomie, sports ou valeurs sociétales deviennent les vecteurs d’un rayonnement international. Chaque pays cherche à étendre sa « puissance douce », à séduire les cœurs et les esprits, y compris dans les communautés transfrontalières.
Malheureusement, nous avons tout raté avec nos gouvernements d’incompétents. Nous aurions dû être un phare pour l’Afrique. Nous sommes devenus les domestiques des nations qui avaient voulu pour nous l’esclavage. On ne s’est nullement préoccupé des politiques dominicaines visant à placer le pays voisin dans une position dominante. Les rivalités chez nous se réduisent à des luttes entre des clans. Luttes pour les privilèges, pour le ventre et le bas ventre.
Il nous faudra vraiment une équipe dirigeante qui rompt avec nos pratiques misérabilistes et suicidaires. Toutes nos énergies doivent tendre vers cela.
Gary Victor
