Chez nous, on aime les envolées lyriques sur le développement, sur la nécessité de faire la politique autrement, et tutti quanti. Pourtant, même les meilleures intentions, fussent-elles gravées en lettres de feu dans la loi fondamentale, demeurent souvent.. lettre morte.
Aujourd’hui, nous assistons, impuissants, à l’implosion de nos villes, prises en étau entre une violence armée grandissante et un dérèglement démographique inquiétant. Cet « urbanicide » s’inscrit dans une dynamique irrationnelle, entretenue par des politiques néfastes visant uniquement à concentrer le pouvoir entre les mains de clans politiques et économiques voraces.
Cette centralisation excessive s’est opérée au détriment d’un développement intégré de l’espace haïtien.
Il est inacceptable que des milliards de gourdes destinées au développement des collectivités territoriales s’évanouissent dans des brumes budgétaires injustifiées. Il est temps que le budget de la République s’aligne enfin sur le discours de décentralisation. Sans un budget opérationnel traduisant un changement réel de paradigme — comme le prévoient déjà nos textes de loi —, l’exode rural continuera à transformer nos villes en lieux de déshérence et en « bombes » urbaines potentielles.
La mobilisation pour que le « pays en-dehors » cesse de l’être doit donc concerner tous ceux qui aspirent à un véritable changement pour notre pays. Et ce sera justice ! Car c’est en rompant avec les logiques d’exclusion, en garantissant à chaque citoyen l’accès aux ressources, aux droits et aux opportunités qu’il mérite, et en plaçant la dignité humaine au cœur de nos priorités, que nous réussirons à bâtir une nation enfin unie, forte et prospère.
La Rédaction
