Il faut le dire. Notre pays a grandi comme des herbes sauvages. Avec une gouvernance réduite au minimum. Pour que quelques clans, quelques groupes puissent faire leur beurre sur le dos de ceux qui avaient réveillé la compassion de l’Empereur la veille de son assassinat. Aujourd’hui que nous sommes arrivés en bout de course de cet État insouciant de la nation, il nous faut d’urgence gouverner. Un vrai gouvernement ! Une vraie gouvernance ! À voir ceux qui se précipitent afin de s’inscrire pour les prétendues élections qu’on devrait organiser bientôt, on se rend compte qu’on est, avec l’impunité généralisée, encore au fond du trou. Les mêmes visages. Les mêmes délinquants. Les mêmes prévaricateurs. Les mêmes imposteurs. Les mêmes incompétents.
Pourtant, il nous faut sortir du pétrin. Notre société civile, quand elle a voulu se réveiller, a été prise en otage, manipulée aussi par d’autres imposteurs tout aussi affamés de pouvoir. Elle a porté au pouvoir un amas d’individus félons qui, pendant presque quinze ans, ont accéléré la chute du pays vers l’abîme des bandits légaux et des brasseurs de la transition.
Mais la solution doit forcément venir de la société civile, car la classe politique affiche sans fausse honte des fossiles, des dinosaures dont le cerveau a été laminé par le météorite de la médiocrité et de la corruption. La question sera de savoir comment remodeler cette société civile, dont beaucoup de membres sont prêts à donner du jus à ce système moribond qui menace d’emporter une population entière dans les abysses, avec l’aide de nombreux secteurs de la communauté internationale. Nos familles, pressurées par la précarité, sont sur la corde raide, frappées de plein fouet par les vagues de la corruption. Beaucoup de jeunes s’affichent sans fausse honte comme de parfaits abolotcho, purs produits du chaos qui est le nôtre actuellement.
Les citoyens du dernier carré devront manœuvrer avec beaucoup d’intelligence, à la fois avec audace et prudence pour parvenir avec l’aide de Dieu, surtout, à offrir une autre alternative à notre pays. Il faudra bien l’aide de Dieu face aux menées des racistes de la communauté internationale, des affairistes nationaux, des gangs, des malfaiteurs prêts à invoquer les pires malpropretés des enfers.
Gary Victor
