La réouverture des vols entre le Cap-Haïtien et les aéroports dominicains représente une avancée diplomatique, certes limitée, mais significative pour le gouvernement Fils-Aimé. Grâce à une rencontre entre deux délégations de haut niveau, conduites par les ministres des Affaires étrangères, un dialogue jusque-là difficile a pu être relancé entre Port-au-Prince et Saint-Domingue.
Le contentieux né autour du canal de la rivière Massacre, il y a deux ans, avait profondément détérioré les rapports entre les deux États. Depuis lors, les relations haïtiano-dominicaines traversent une véritable période de gel, malgré l’interdépendance économique qui lie les deux pays.
La fermeture de l’espace aérien dominicain a lourdement pénalisé les voyageurs haïtiens, notamment ceux qui transitaient vers certaines capitales européennes. Au-delà de l’incident diplomatique, ce refroidissement des relations bilatérales a eu des conséquences concrètes pour de nombreux citoyens haïtiens, déjà fragilisés par une relation bilatérale marquée par un déséquilibre structurel.
La reprise des vols ne saurait cependant suffire. Les questions migratoires demeurent entières, de même que la porosité inquiétante de la frontière, qui engage directement la sécurité des deux nations.
Il reste néanmoins clair que les relations demeureront tendues aussi longtemps que la partie haïtienne n’aura pas entrepris de soustraire la partie occidentale de l’île à l’indignité durable qui la mine, altère l’autorité nationale et porte atteinte à la dignité même de la nationalité haïtienne.
Roody Edmé
