Docteur Ronald Laroche, coordonnateur de la coalition Mains propres, dénonce l’échec du Conseil présidentiel de transition (CPT) à la tête du pays. Selon lui, pour éviter qu’Haïti ne sombre dans une nouvelle crise, il est impératif d’organiser des élections présidentielles et de remplacer le Premier ministre, afin de ne pas replonger dans une nouvelle transition après le 7 février 2026.
Dans une interview accordée au quotidien Le National, Ronald Laroche rappelle que les 20 partis politiques réunis au sein de la coalition Mains propres s’opposent à toute nouvelle transition. Après celle dirigée par l’ancien Premier ministre Ariel Henry, puis l’actuelle conduite par les membres du CPT — en place depuis plus de dix mois sans résultats tangibles —, la population continue de réclamer de meilleures conditions de vie, de la stabilité et la paix.
« Le CPT est un échec. Ses membres ne s’occupent que de leurs intérêts personnels. C’est une catastrophe pour le pays. Nous demandons avec force une alternative qui ne débouche pas sur le chaos, la division ou une guerre civile. Tout le monde souhaite le départ du CPT, mais personne ne voit clairement par quoi le remplacer. Il faut un changement dans le respect de l’ordre républicain », a-t-il déclaré.
Concernant les propositions de certains acteurs en faveur d’un juge de la Cour de cassation à la tête d’un nouveau gouvernement de transition, le coordonnateur de la coalition estime qu’une telle solution ne ferait qu’accentuer les divisions. Chaque secteur, selon lui, voudrait imposer son propre juge, ce qui risquerait de provoquer de nouvelles crises et de répéter les mêmes erreurs. « Il ne doit pas y avoir de nouvelle transition pour remplacer la transition actuelle », a averti le docteur Laroche, plaidant plutôt pour des élections permettant l’arrivée d’un président élu capable de renforcer les institutions régaliennes.
La coalition Mains propres avance trois revendications principales pour la fin du mandat du CPT :
1. La mise en place d’un organe de contrôle chargé de superviser les actions des conseillers afin de garantir la transparence et une gestion ordonnée.
2. L’écartement des trois membres du CPT impliqués dans le scandale de corruption à la BNC, afin de rétablir un climat de confiance et de stabilité, condition essentielle au retour de la sécurité et de la bonne gouvernance.
3. La formation d’un « gouvernement de guerre » dont la priorité serait la lutte contre les gangs, en mobilisant toutes les forces de l’ordre pour reprendre le contrôle du territoire.
Pour que des élections crédibles puissent avoir lieu, Ronald Laroche insiste sur la nécessité d’un Conseil électoral provisoire (CEP) fiable et légitime, capable d’inspirer confiance. La sécurité, selon lui, doit constituer la première priorité, afin de créer un climat favorable à la reprise des activités dans les cinq mois restants. Le coordonnateur de la coalition conclut que des élections présidentielles doivent impérativement se tenir avant le 7 février 2026 pour remplacer le CPT, restaurer la stabilité et éviter une nouvelle transition politique.
Oberde Charles
