La Solidarité des Femmes Haïtiennes Journalistes (SOFEHJ), proteste contre l'enlèvement de Osnel Espérance et Junior Célestin, deux membres de la corporation journalistique, depuis le vendredi 13 mars dans la capitale.
La presse est de plus en plus menacée en Haïti. Le travail des journalistes est non seulement limité sur le terrain, mais aussi ils sont des cibles directs des bandits armés. Ils font l'objet de violences sous toutes ses formes, meurtres, enlèvements, séquestrations entre autre. Les dernières victimes en date sont Osnel Espérance et Junior Célestin, journalistes, respectivement de Radio Uni FM et Radio Télé Mega Star, enlevés depuis le vendredi dernier.
Ce double rapt a suscité de vives réactions au sein du secteur de la presse et de la société civile, qui se disent consternés face à cette situation. La Solidarité des Femmes Haïtiennes Journalistes a exprimé dans une note son indignation face à cette disparition. « Cet acte odieux n'est pas seulement une attaque contre des individus, mais un assaut direct contre les piliers de notre démocratie », lit-on dans la note.
La SOFEHJ rappelle que la sécurité des journalistes est protégée par des instruments juridiques nationaux et internationaux que l'État haïtien a l'obligation de respecter. « La constitution de 1987, en son article 28.1, stipule que le journaliste exerce librement sa profession dans le cadre de la loi. Cette liberté ne peut être soumise à aucune autorisation, ni censure », a-t-il évoqué. L'organisation estime qu'en laissant les gangs dicter leur loi, l'État faillit à sa mission de garantir cette liberté fondamentale.
Elle avance qu'au niveau international la Déclaration universelle des droits de l'Homme garantit la liberté d'expression et l'accès à l'information; la Convention américaine relative aux droits de l'Homme, ratifiée par Haïti, impose aux États l'obligation de protéger ceux qui exercent cette liberté et la Résolution 2222 du Conseil de Sécurité des Nations unies, souligne que les journalistes travaillant dans des zones de conflit ou de haute insécurité doivent être considérés comme des civils et respectés en tant que tels.
La Solidarité des femmes haïtiennes journalistes tire la sonnette d'alarme face au climat de terreur instauré par les groupes armés, notamment la coalition Viv Ansanm, qui transforme Port-au-Prince en une zone de non-droit. Elle exige la libération immédiate et sans condition des confrères journalistes, enlevés depuis des jours.
SOFEHJ dénonce le laxisme du gouvernement, en particulier le Conseil des ministres, arguant que leur inaction face à la criminalité organisée s'apparente à une complicité passive contre la liberté de la presse et interpelle le Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) à déployer un plan de protection spécifique pour les journalistes de terrain, particulièrement vulnérables dans les zones contrôlées par les gangs.
Sheelove Semexant
