Pour faire suite à la déclaration conjointe du 2 mars 2026, des plateformes, accords politiques, groupements et regroupements de partis politiques, ainsi que des organisations de la société civile et de la diaspora, se sont réunis afin de discuter de plusieurs sujets, notamment l’illégitimité du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, tout en réaffirmant leur attachement à un exécutif bicéphale.
Dans ce contexte, Jonas Coffy a présenté un bilan du gouvernement d’Alix Didier depuis son arrivée au pouvoir jusqu’à aujourd’hui, sur les plans économique, institutionnel et sécuritaire. Sur le plan sécuritaire, la situation laisse à désirer selon le responsable du consensus politique : les bandits armés continuent d’étendre leurs territoires et la population est contrainte de quitter ses maisons. Plus de 2 millions de personnes ont ainsi été déplacées, selon Jonas Coffy.
Sur le plan institutionnel, la situation demeure dramatique : absence de parlement, absence d’élections et absence d’autorités légitimes. La transition n’a pas respecté ses objectifs, l’État s’est affaibli et la population est livrée à elle-même. Sur le plan économique, aucune des promesses faites par le Premier ministre n’a été tenue, notamment en matière de croissance et de prospérité.
« Il est temps d’exiger des actions concrètes et de mettre fin à toutes les politiques qui détruisent davantage le pays », a ajouté Jonas Coffy.
Il a également évoqué les contrats signés par le Premier ministre avec diverses compagnies, ainsi que les importantes sommes décaissées pour des causes suscitant des interrogations. Parmi ces contrats, il a mentionné celui signé pour la construction de prisons, évalué à plus de 6 milliards de dollars, alors que les investisseurs n’apporteraient que 20 millions de dollars.
Jonas Coffy a aussi dénoncé le décaissement présumé de 150 millions de dollars au nom de l’Université Quisqueya, affirmant que cette somme servirait à financer la campagne du responsable de ladite université, qu’il présente comme un futur candidat à la présidence. Il a également pointé du doigt la décision de la Cour des comptes d’approuver de tels contrats.
Par ailleurs, le signataire de l’Accord Montana, Delson Cius, a déclaré que tout était terminé pour le Premier ministre, estimant qu’il ne dispose ni du titre ni de l’autorité nécessaires pour engager l’État. Il a insisté sur la nécessité d’un exécutif bicéphale pour conduire le pays vers des élections, tout en affirmant que le pacte signé pour la stabilité serait en réalité porteur d’instabilité.
De son côté, Dieupie Chérubin, responsable du MORN, a présenté une déclaration officielle au nom des partis, groupements et regroupements politiques réunis pour faire entendre leur voix.
Dans cette déclaration, il dénonce toutes les actions posées par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’il juge contraires aux intérêts de la population. Il a conclu en plaidant pour l’élaboration d’un plan national en vue d’une solution nationale.
Sorah Schamma Joseph
