Dans la matinée du dimanche 29 mars 2026, plusieurs policiers affectés à  Saint-Marc, avec le soutien des forces kenyanes intégrées à la Force ( FSG) pour contraindre les Gangs, ont mené une opération à Jean-Denis pour protéger la population d’attaques perpétrées par le gang  Gran Grif, venu de Savien, informe la Police nationale d’Haïti.
Suivant les informations publiées par l'institution policière ce lundi 30 mars 2026, avant l’arrivée des forces de l’ordre, les bandits avaient bloqué les routes et creusé de grands trous pour empêcher toute intervention. Les policiers, déployés avec trois blindés, ont dû obstruer ces obstacles pour progresser, donnant aux criminels le temps de faire plusieurs victimes et d’incendier plusieurs habitations avant de fuir.
« Face à la mobilisation rapide des forces de l’ordre, les bandits ont finalement pris la fuite, laissant derrière eux les dégâts et les victimes. La population a ensuite transporté les blessés et les corps devant le commissariat de Saint-Marc. Le juge de paix de Saint- Marc, Maître Michel Faneld, s’est déplacé pour constater légalement la situation. Selon le bilan communiqué par le maire, 16 personnes ont été tuées et 10 autres blessées par balles. Les blessés ont été transportés d’urgence à l’hôpital tandis que les corps ont été acheminés à la morgue », ont fait savoir les forces de l’ordre.
La PNH a pris le contrôle total de la zone, rétabli l’ordre et sécurisé le secteur. Les opérations se poursuivent afin de poursuivre les fugitifs et de garantir la sécurité des habitants, a mentionné la PNH dans sa note. La Police Nationale d’Haïti a salué le professionnalisme de toutes ses unités et de ses partenaires kenyans, réaffirmant son engagement à protéger la population contre les gangs armés.
Bilan plus lourd selon d’autres sources des droits humains
D’autres informations, provenant d’organisations de défense de droits humains tels que le Collectif Défenseurs Plus et le Collectif pour Sauver l’Artibonite, font état d’un bilan plus lourd : plus de 70 morts, une trentaine de blessés et une cinquantaine de maisons incendiées. La violence des gangs aurait provoqué le déplacement de plus de 6 000 personnes dans le département. « Jusqu’au lundi matin, le chef du gouvernement intérimaire, Alix Didier Fils-Aimé, qui dirige le pays depuis le 7 février, n’aurait pas encore réagi, suscitant le mécontentement des Artibonitiens qui se sentent livrés à eux-mêmes. », déplore ces organismes.
Prévention et sécurisation dans le Sud
Par ailleurs, le samedi 28 mars 2026, le Directeur Central de la Police Administrative (DCPA) a tenu une rencontre stratégique avec les responsables des commissariats, sous-commissariats, chefs de poste et le personnel administratif du département du Sud. Cette rencontre avait pour objectif d’analyser la situation sécuritaire du département et de définir les mesures préventives pour contrecarrer toute avancée des gangs armés.
Les participants ont également discuté de la préparation du terrain pour les prochaines élections, afin d’assurer un déroulement pacifique et sécurisé du processus électoral. Enfin, le DCPA a profité de sa visite pour recenser les besoins logistiques, humains et matériels des commissariats, notamment à Aquin et Cavaillon, afin d’apporter des réponses immédiates et adaptées. Cette démarche réaffirme l’engagement de l’institution à maintenir une présence effective de l’État sur l’ensemble du territoire.
Vladimir Predvil
