La nation haïtienne est plongée dans la consternation après le drame survenu le samedi 11 avril 2026 à la Citadelle Laferrière, monument emblématique du patrimoine national et symbole de l’indépendance d’Haïti, et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, où un rassemblement de jeunes a viré au drame, causant la mort de plusieurs dizaines de personnes.
Face à l’ampleur de la tragédie, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a décrété trois journées de deuil national, observées les 14, 15 et 16 avril 2026. Durant cette période, le drapeau national sera mis en berne sur toute l’étendue du territoire, en signe de respect et de solidarité envers les victimes et leurs familles.
Dans un communiqué officiel, la Primature a exprimé sa profonde tristesse et sa consternation face à cet tragique. Le gouvernement a adressé ses condoléances aux familles endeuillées et assuré que toutes les dispositions sont prises pour venir en aide aux victimes et aux proches affectés.
Les autorités ont également annoncé la prise en charge des frais funéraires et la mobilisation des institutions compétentes afin de fournir assistance et soins aux survivants. Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur les circonstances du drame et établir les responsabilités.
« Dans cette optique, le ministre de l’Intérieur a été dépêché dans le Nord pour porter les condoléances officielles de la Nation aux familles des victimes. »
Mesures locales et suspension des activités
Au niveau local, la mairie de Milot a décidé de suspendre les activités scolaires dans la commune les lundi 13 et mardi 14 avril, en signe de deuil et de solidarité avec les familles touchées. Par ailleurs, cette tragédie relance le débat sur la gestion et la sécurisation des sites historiques en Haïti, notamment ceux classés patrimoine mondial.
Le patrimoine au cœur des préoccupations
De son côté, la Confédération Nationale Vodouyizan Ayisyen (KNVA) a exprimé sa profonde douleur face à cette perte humaine, rappelant que la Citadelle n’est pas seulement un site touristique, mais aussi un espace sacré chargé de mémoire, de spiritualité et d’histoire, classé parmi les joyaux du patrimoine mondial.
Dans sa note, la KNVA appelle à : une meilleure régulation des activités organisées sur le site, l’instauration de mesures de sécurité strictes, la reconnaissance du caractère sacré du lieu dans les politiques publiques. Elle propose également la mise en place d’une commission d’enquête, la création d’un comité pluridisciplinaire pour superviser les activités, ainsi que l’intégration de protocoles symboliques avant tout grand événement.
L’indignation est également forte du côté des organisations de défense des droits humains. L’Office de la protection du citoyen (OPC) a dénoncé la gestion de l’événement et pointé du doigt le ministère de la Culture, exigeant une enquête rapide et transparente.
Son directeur, Jean Wilner Morin, critique l’autorisation accordée pour une activité de grande envergure dans un site aussi sensible.
Aussi, plusieurs personnalités publiques ont également élevé la voix. L’ancienne ministre des Affaires étrangères, Dominique Dupuy a qualifié le drame de coup dur pour la jeunesse haïtienne, déplorant une double perte notamment celle des jeunes.
De son côté, Sterline Civil a dénoncé une négligence grave des autorités, soulignant notamment l’absence de dispositifs de premiers secours sur le site.
Pour sa part, le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, a fustigé l’organisation de l’événement, estimant que la Citadelle n’est pas un espace adapté à ce type d’activités. Il évoque des défaillances majeures tant sur le plan administratif que sécuritaire.
En somme, des appels à la vérité, à la justice et à une meilleure gestion du patrimoine se multiplient. Cette tragédie soulève des questions sur la responsabilité des autorités, la sécurité des citoyens et la préservation des sites historiques. « Au-delà de l’émotion, c’est toute une nation qui attend désormais des réponses concrètes pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise. »
Vladimir Predvil
