Le week-end écoulé a été marqué par une tragédie à Milot, où un mouvement de foule survenu à la Citadelle Laferrière, classée patrimoine mondial par l’UNESCO, a causé la mort de plusieurs dizaines de jeunes et fait de nombreux blessés. Ce drame a provoqué une vague de réactions parmi les dirigeants haïtiens, les organisations et les acteurs politiques, mettant une fois de plus en évidence l’incapacité de l’État à assurer une gestion adéquate des monuments historiques et du patrimoine culturel.
Survenu le 11 avril, l’événement continue de susciter une vive émotion. Selon des sources non officielles, près d’une trentaine de personnes auraient perdu la vie. À cet effet, plusieurs organisations dénoncent l’imprévoyance des autorités étatiques.
Joint au téléphone, le professeur Sterlin Ulysse, doyen de l’IERAH-ISERSS de l’Université d’État d’Haïti (UEH), critique sévèrement la gestion étatique du patrimoine. Il estime que l’organisation d’activités inappropriées dans des espaces fragiles comme la Citadelle traduit une négligence grave, voire une incompétence. Il alerte également sur les risques physiques notamment incendies, dégradations structurelles liées à la chaleur ou aux vibrations sonores et souligne la confusion administrative entourant l’autorisation de tels événements.
Selon lui, la Citadelle, édifiée par Henry Christophe, n’est pas adaptée aux charges modernes ni aux rassemblements massifs. L’absence d’analyses préalables et de gestion rigoureuse expose le monument à des sinistres évitables. « Le principal danger réside dans l’utilisation de ce site patrimonial comme lieu de loisir, faute d’infrastructures adaptées dans le pays », insiste-t-il.
Le professeur Sterlin Ulysse appelle à une régulation stricte des activités, à un contrôle des accès et à une coordination entre autorités locales et nationales. Il déplore que certains responsables n’aient même pas été informés de la tenue d’événements sur le site, révélant une faille majeure dans la chaîne de commandement.
Alors que des organisations de défense des droits humains parlent de « négligences graves » et réclament une enquête sérieuse pour établir les responsabilités et sanctionner les coupables, la Police nationale d’Haïti (PNH) a annoncé l’arrestation de sept (7) présumés suspects dans le cadre de cette affaire dont cinq (5) agents de police de mairie de Milot et deux (2) employés de l’ISPAN suite à cette tragédie survenue le week-end passé.
Likenton Joseph
