Alors que le calendrier électoral provisoire avait été soigneusement établi, le temps presse et pourtant le gouvernement s’enlise dans une rhétorique stérile. Les promesses s’accumulent, mais aucun budget électoral n’est débloqué. Récemment, les autorités ont procédé à la publication d’un nouveau décret modifiant l’article 3 de l’arrêté du 18 septembre 2024, lequel avait nommé des membres du conseil électoral provisoire (CEP) et fixant leurs mandats. Une manœuvre qui, sans doute, loin de rassurer, accentue la confusion institutionnelle.
À défaut d’actions concrètes, le pouvoir multiplie les discours creux et les décrets taillés sur mesure pour ses propres intérêts. Prévu initialement du 1er au 13 avril 2026, le processus d’inscription des électeurs et d’enregistrement des candidats a été reporté une nouvelle fois, comme l’a annoncé le CEP, mercredi dernier.
Selon le Conseil électoral provisoire, cette décision intervient à la suite de la publication, le 24 mars dernier, d’un arrêté pris en Conseil des ministres, modifiant l’article 3 de l’arrêté du 18 septembre 2024 qui avait nommé les membres du CEP et fixant leurs mandats.
Par ailleurs, selon le calendrier électoral, le scrutin présidentiel et législatif devrait se tenir le 30 août 2026. Les premières tendances seraient communiquées le 8 septembre et les résultats définitifs du premier tour, le 3 octobre, et le second tour fixé au 6 décembre, en même temps que les élections locales. Mais ces échéances restent suspendues à deux conditions majeures notamment, le rétablissement d’un climat sécuritaire acceptable et la mise à disposition des moyens nécessaires. Deux préalables que le gouvernement semble incapable de garantir.
Le contraste est saisissant, tandis que le temps file à toute vitesse, l’exécutif avance à pas de tortue. Les promesses s’empilent, mais aucune volonté politique réelle ne se manifeste pour assurer la stabilité indispensable à l’organisation des élections générales. Dans un pays miné par des crises politiques et économiques multiformes, l’organisation d’un scrutin crédible pourrait constituer un premier pas vers le redressement. Or, les perspectives s’éloignent inexorablement, étouffées par des promesses creuses sur la sécurité, la relance économique et la tenue des élections.
En définitive, le gouvernement s’enferme dans une logique de procrastination institutionnelle. Ses paroles ne font qu’aggraver la méfiance populaire et prolonger l’impasse nationale. La population, quant à elle, continue de s’enliser.
Likenton Joseph
