La Chambre des représentants américaine a voté ce jeudi 16 avril 2026 en faveur de l’extension du Statut de protection temporaire (TPS), une mesure importante pour des centaines de milliers de ressortissants haïtiens vivant aux États-Unis. Le texte doit encore franchir l’étape du Sénat, entre autres, avant une adoption définitive.
En effet, le projet de loi relatif au Statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens a franchi une étape importante au Congrès américain. Selon les précisions de Me Frandley Denis Julien, le texte a été adopté par la Chambre des représentants avec 224 voix contre 204, un écart révélateur des divisions politiques autour de la question migratoire.
Portée par la représentante démocrate Ayanna Pressley, cette initiative bipartisane vise à imposer un vote sur la prolongation du TPS pour les Haïtiens vivant aux États-Unis. Selon des informations confirmées par son bureau, le seuil atteint ouvre désormais la voie à un débat et à un vote en séance plénière.
Au total, 214 élus démocrates et 4 républicains ont soutenu la démarche, illustrant une mobilisation rare au Congrès sur une question migratoire sensible. Le projet de loi, identifié comme H.R. 1689, prévoit une extension de trois ans du dispositif, permettant à plus de 330 000 à 350 000 bénéficiaires haïtiens de continuer à vivre et travailler légalement aux États-Unis, tout en étant protégés contre l’expulsion.
D’après les estimations, entre 330 000 et 350 000 Haïtiens sont directement concernés par cette mesure, leur statut migratoire et leur droit au travail étant en jeu.
Fait notable, Me Frandley Denis Julien a souligné que trois élus républicains du sud de la Floride ont voté en faveur du texte, un signal jugé significatif dans un contexte politique marqué par de fortes divisions sur les questions migratoires.
Toutefois, l’avocat prévient que le processus reste incertain. Il rappelle que le texte doit désormais être examiné par le Sénat américain, une étape jugée plus complexe en raison des équilibres politiques.
Selon lui, ce soutien républicain, bien que symboliquement important, ne garantit pas un passage facile, la bataille s’annonçant beaucoup plus difficile au niveau du Sénat.
Malgré ces défis, Me Frandley Denis Julien qualifie cette avancée de victoire majeure. « C’est une grande victoire, une très grande victoire. Cela envoie un signal clair à la Cour suprême pour dire que le dossier du TPS concernant Haïti n’est pas quelque chose d’irraisonnable, mais bien quelque chose de raisonnable », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, cette initiative intervient dans un contexte de forte incertitude pour les bénéficiaires du TPS, alors que la situation sécuritaire et humanitaire en Haïti continue de se détériorer. Plusieurs organisations de défense des droits humains alertent sur les risques liés à un retour forcé vers un pays en crise persistante.
Le processus reste néanmoins suspendu à plusieurs décisions judiciaires et politiques. La Cour suprême des États-Unis doit notamment se prononcer le 29 avril prochain sur la légalité de certaines mesures liées à la suppression du TPS pour certains pays, dont Haïti, une décision très attendue qui pourrait influencer l’avenir du programme.
Dans le même temps, la décision récente de la juge fédérale Ana Reyes a également renforcé la position des défenseurs du TPS. Dans un document de 83 pages, la magistrate a estimé que certaines décisions administratives concernant les Haïtiens étaient illégales et discriminatoires, ordonnant une extension du programme afin de permettre le renouvellement du statut.
Vladimir Predvil
