Les trois journées de grève menées par les syndicalistes du textile, du lundi 13 au mercredi 15 avril 2026, se sont achevées sans aucune réaction formelle du gouvernement haïtien. Les ouvriers, confrontés à l’ajustement des prix des produits pétroliers, réclament une augmentation du salaire minimum à 3 000 gourdes ainsi qu’une réduction immédiate du coût du carburant.
Face à ce silence, Dominique St-Éloi, coordonnateur général de la Centrale nationale des ouvriers haïtiens (CNOHA), a annoncé de nouvelles mesures de pression. Selon lui, les revendications dépassent la question salariale et énergétique car les travailleurs exigent un accompagnement social permanent incluant des subventions pour la scolarité, la santé, le logement et le transport.
Il dénonce notamment l’explosion des loyers, passés d’environ 50 000 gourdes pour deux chambres à 4 000 ou 5 000 dollars américains dans les zones jugées plus sûres.
De surcroît, les syndicats critiquent également l’inaction du gouvernement et l’insuffisance des propositions du Conseil supérieur des salaires (CSS), jugé peu représentatif. Ils réclament un décret officiel fixant le salaire minimum à 3 000 gourdes et instituant des subventions sociales, faute de quoi une remobilisation générale est annoncée dès la semaine suivante. Selon lui, ce mouvement s’appuie sur les articles 208, 209 et 210 du Code du travail, la Constitution haïtienne et les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Par ailleurs, les revendications incluent notamment des subventions directes pour l’alimentation, le transport et la scolarisation des enfants, une réforme de l’Office d’Assurance Accidents du Travail, Maladie et Maternité (OFATMA) pour améliorer les services aux travailleurs ainsi qu’un retrait de l’augmentation des prix du carburant, considéré comme un « produit transversal » dont la hausse entraîne celle de tous les biens de consommation.
De ce fait, le secteur des transports, particulièrement affecté, s’est joint au mouvement. Les chauffeurs de motocyclette, voitures et bus, notamment dans les villes de province dont à Jérémie, aux Gonaïves et dans le Nord-Ouest, s’opposent fermement aux hausses et réclament eux aussi des subventions. Les syndicats estiment que l’inflation générée par le carburant rend indispensable une augmentation salariale pour préserver le pouvoir d’achat.
Malgré des concertations menées par le ministre des Affaires sociales et du Travail, aucune suite concrète n’a été donnée au cahier de doléances du secteur textile. Le CSS a transmis une note de proposition, rejetée par les syndicats qui rappellent que seule une décision gouvernementale peut trancher. Les ouvriers attendent donc la publication, avant la fin du week-end, d’un décret fixant le salaire minimum et officialisant les subventions sociales. À défaut, une mobilisation nationale sera relancée dès le lundi prochain.
Likenton Joseph
