Une enquête a été lancée à la suite du drame survenu le 11 avril dernier à la Citadelle Laferrière, qui a fait plus d’une trentaine de morts et de nombreux blessés. Face à cette tragédie, les autorités étatiques ont annoncé des mesures pour faire toute la lumière sur les circonstances de l’événement.
Dans le cadre de cette enquête, les forces de l’ordre ont procédé, récemment, à l’arrestation de neuf personnes, dont le maire de Milot, commune où le drame s’est produit. Parmi les interpellés figurent cinq agents de la Police municipale de Milot et deux employés de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN).
Selon les précisions de la Police nationale, l’opération a été menée par le Service départemental de la police judiciaire du Nord (SDPJ/Nord), sur instructions du commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance du Cap-Haïtien, Me Eno Zéphyrin.
Les agents arrêtés sont Jhon Coxllee alias Myson, Genové Octavien, Altidor Arly, Louis Max Andy et Césaire Wilner Billy. Les employés de l’ISPAN interpellés sont Wilfrid César et Valmyr Techlin, tous deux affectés dans le Nord. Neat Achille, directeur départemental de l’ISPAN dans le Nord, ainsi qu’un agent de sécurité du site, ont également été appréhendés. Toutefois, Neat Achille, selon le commissaire du gouvernement Eno Zephirin a été libéré par un officier de police, lequel est désormais placé en isolement.
Au cours de l’opération, six téléphones portables et six badges ont été saisis. Le commissaire du gouvernement a rappelé que l’ISPAN est chargé de la gestion, de la protection et de la valorisation des sites historiques et du patrimoine culturel, en coordination avec les autorités locales. C’est pourquoi, il a ordonné lui-même l’arrestation du directeur départemental Neat Achile ainsi que le magistrat de Milot.
De surcroît, le commissaire Eno Zephirin a souligné que l’enquête est désormais en cours et il y a des informations qu’il ne peut pas pour l’instant révéler.
Ce drame a suscité de vives réactions de la part d’organisations de défense des droits humains et de responsables politiques, qui dénoncent un acte odieux et mettent en évidence l’impréparation et l’incapacité de l’État à protéger les sites touristiques et le patrimoine national.
Likenton Joseph
