En déplacement officiel aux États-Unis, le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, poursuit une série de rencontres avec des partenaires internationaux, alors que dans le pays, persistent de graves défis sécuritaires, politiques et économiques.
Il a tenu une rencontre de haut niveau avec le Secrétaire d’État des États-Unis, Monsieur Marco Rubio, axée sur le renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays, le soutien aux efforts de stabilisation en Haïti et l’accompagnement du processus de restauration de l’ordre républicain et démocratique.
Les échanges ont porté sur les priorités communes, notamment le renforcement de la sécurité nationale, le déploiement de la Force de Répression des Gangs (FRG), la consolidation des institutions, la préparation d’élections libres, crédibles et inclusives, ainsi que la reconduction des accords HOPE/HELP.
Les deux parties ont salué les progrès réalisés dans la mise en place de la FRG et souligné la nécessité d’assurer la pleine et rapide opérationnalisation de son mandat. Le Secrétaire d’État a réaffirmé l’engagement des États-Unis à accompagner les efforts du Gouvernement haïtien visant à restaurer l’autorité de l’État et à renforcer la coordination des forces de sécurité.
Dans le cadre de ses rencontres, chef du gouvernement a rencontré, le mardi 20 avril, le les responsables de la Banque interaméricaine de développement, accompagné d’une délégation haïtienne. Les discussions ont porté sur les priorités nationales, notamment la sécurité, les réformes institutionnelles, le processus électoral et le développement économique durable.
Le gouvernement a mis en avant les avancées enregistrées à Port-au-Prince en matière de sécurité, tout en réaffirmant sa volonté de restaurer l’autorité de l’État, de réhabiliter les infrastructures et de favoriser le retour sécurisé des populations déplacées.
Sur le plan politique, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de créer un environnement propice à l’organisation d’élections crédibles d’ici la fin de l’année, tout en poursuivant les efforts de renforcement institutionnel et de lutte contre l’impunité.
La BID, de son côté, a réitéré son engagement à accompagner Haïti, en alignant ses interventions sur les priorités nationales, notamment dans les domaines de l’énergie, du numérique avec des projets de fibre optique et de la création d’emplois.
Parallèlement, lors du Forum 2026 du Conseil économique et social des Nations unies, la ministre de la Planification, Sandra Paulemon, a dressé un constat alarmant de la situation en Haïti.
S’exprimant au nom du gouvernement, elle a souligné que 5,7 millions d’Haïtiens sont confrontés à l’insécurité alimentaire, dont 1,9 million à des niveaux critiques. Face à cette réalité, elle a appelé à une refonte des mécanismes internationaux de financement du développement.
Alignée sur les positions de la CARICOM et du Groupe des 77, elle a plaidé pour une coopération internationale plus efficace, adaptée aux réalités des États fragiles.
« Haïti ne demande pas la compassion, mais une coopération efficace », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité d’un financement capable de soutenir la résilience et la reconstruction du pays.
Aussi, dans le cadre de cette tournée, le Premier ministre s’est également entretenu avec le secrétaire général de l’Organisation des États américains, Albert Ramdin. « Les échanges ont porté sur les stratégies de lutte contre l’insécurité, le renforcement des capacités institutionnelles et les modalités de déploiement de la Force de Répression des Gangs (FRG), envisagée comme un outil de restauration de l’ordre public ».
Le processus électoral a également été au cœur des discussions. Le chef du gouvernement a souligné l’importance de garantir des conditions sécuritaires suffisantes pour organiser des élections libres, crédibles et inclusives.
De son côté, l’OEA a salué les efforts du gouvernement haïtien et réaffirmé sa disponibilité à accompagner le pays dans ses initiatives en faveur de la stabilité et du renforcement démocratique.
Vladimir Predvil
