Un groupe de 96 médecins internes affectés à l’Hôpital Universitaire de la Paix (HUP) a observé un mouvement de protestation pour exiger le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire.
Ces jeunes professionnels de santé dénoncent une situation qu’ils jugent « inacceptable » et qui perdure depuis environ neuf (9) mois sans réponse concrète des autorités étatiques.
Dans un premier temps, les internes avaient entamé un arrêt de travail symbolique afin d’alerter les responsables concernés sur leurs conditions. Cependant, malgré cette mobilisation, ils affirment n’avoir reçu aucun suivi ni engagement formel de la part de l’État.
Face à ce silence prolongé, ils ont néanmoins décidé de reprendre leurs activités depuis hier, invoquant leur devoir éthique envers les patients.
En effet, malgré leurs revendications légitimes, les médecins internes ont choisi de privilégier la continuité des soins dans un contexte sanitaire déjà fragilisé. Ils soulignent que leur retour au travail ne signifie en aucun cas un abandon de leur lutte, mais plutôt une volonté de ne pas pénaliser davantage la population.
Par ailleurs, les protestataires indiquent avoir entrepris d’autres démarches pour faire entendre leur voix. Entre autres, ils ont rédigé une lettre ouverte adressée à la population haïtienne dans l’espoir de susciter une prise de conscience et d’obtenir enfin une réponse à leurs revendications.
« Cela fait neuf mois que nous ne sommes pas payés. Nous n’avons pratiquement aucune autre source de revenus, pourtant nous continuons à venir chaque matin. Avec la hausse du coût de la vie dans le pays, la situation devient extrêmement difficile pour nous », a confié l’un d'entre eux.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de dysfonctionnements au sein du système de santé publique en Haïti, marqué notamment par des retards de paiement récurrents, des conditions de travail précaires et un manque de reconnaissance du personnel médical.
En conséquence, les médecins internes lancent un appel urgent aux autorités pour qu’une solution rapide et durable soit trouvée. Ils réclament, avant tout, le paiement de leurs arriérés ainsi qu’un meilleur encadrement administratif de leur statut. Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été communiquée par les instances concernées.
Modeline Youte
