Promedia, une institution apolitique créée en 2021, a organisé ce lundi 4 mai 2026, la troisième édition du forum des médias et des métiers de la presse. Cette série d’activités s’est tenue autour du thème : « La réalité des médias face au projet de l’État de droit ».
Ce grand événement s’est déroulé dans une belle ambiance à l’hôtel El Rancho, à Pétion-Ville, réunissant des représentants de divers médias traditionnels tels que Le National, Le Nouvelliste, la Télévision Nationale d’Haïti ainsi que plusieurs autres plateformes numériques. Dans le cadre des activités, il y a eu des échanges, des projections, des expositions et plusieurs autres types d’interventions.
Le professeur Joseph Harold Pierre et Gracien Jean sont intervenus sur la construction de l’État de droit et la responsabilité des médias. Par ailleurs, un débat ouvert a porté sur le droit à l’information, l’encadrement du travail des journalistes et la protection de la liberté de la presse. Bien avant la clôture du forum, une projection d’un film d’Arnold Antonin intitulé « Le droit à la parole » a été suivie de témoignages et d’échanges avec le public. En fin de journée, un panel de discussion a également été organisé où les intervenants ont débattu de « La presse haïtienne comme acteur à part entière ou simple témoin de la vie politique ».
Il s’agissait véritablement d’une activité marquée par la présence des membres de la presse venus honorer cette invitation, un jour après la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse.
Selon Wesly Renaud Jean, directeur exécutif de PROMEDIA, cette activité s’inscrit dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai. D’après lui, les médias jouent un rôle déterminant dans l’avenir de la démocratie dans le pays. Ainsi, il rappelle que le thème choisi pour cette troisième édition du forum constitue une interpellation directe adressée à la conscience collective afin de réfléchir et d’analyser la réalité des médias face à l’État de droit. Cela rejoint également le thème retenu par l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) pour cette année, à savoir « Façonnons la paix ». Selon lui, il est impossible d’atteindre la paix sans construire une société fondée sur l’État de droit.
Dans le cadre de cette activité, Max Chauvet, responsable du journal Le Nouvelliste, qui a pris la parole à cette occasion, a dressé un tableau sombre de la situation de la presse au cours des dernières années. Il s’est dit préoccupé par certaines décisions prises par les membres du gouvernement de transition, notamment celle du 18 décembre 2025, portant sur la diffamation et les délits de presse. Selon lui, cette loi menace la liberté d’expression dans le pays et risque d’empiéter sur le travail des médias et des journalistes. Parallèlement, il a également dénoncé le décret du 31 mars 2026 publié par le CONATEL visant à officialiser la migration obligatoire de la télévision vers la Télévision Numérique Terrestre (TNT). M. Chauvet plaide ainsi pour une meilleure structuration de la pratique du métier de journaliste et des médias en Haïti.
« Nous vivons dans un environnement qui mérite d'être révisé, repensé et surtout, si nous parlons d'une presse utile au pays, il faut que cette presse ait les moyens, dont les ressources humaines, les ressources matérielles et financières afin d'être capable de produire un travail de qualité », dit-il !
Pour sa part, le ministre de la Communication, M. Emmanuel Menard, a mis l’accent sur la nécessité d’une presse responsable dans le pays. En ce sens, il promet de poser des actions pour la mise en place d’un ordre des journalistes, mais aussi un accompagnement aux médias afin de résister et de faire face aux situations de crise que traverse le pays.
Tout au long des échanges, un accent particulier a été porté sur les violences subies par les journalistes dans le pays et les destructions des établissements de la capitale. D'après les participants, ce actions démontrent une vraie censure contre la liberté d'expression et la liberté d'opinion en Haïti. Néanmoins, les responsables du Centre de documentation des Médias et des Métiers de la Presse se disent prêts à encourager le journalisme professionnel et responsable dans le pays, mais aussi valoriser les métiers de la presse avec des professionnels mieux formés, mieux outillés et plus responsables.
Oberde Charles
