La plateforme politique Kontra Pèp la a vivement critiqué le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, dénonçant ce qu’elle qualifie de liquidation accélérée de la souveraineté nationale sous couvert de gestion de la crise sécuritaire et d’organisation des prochaines élections.
Dans une note de conjoncture publiée le 12 mai 2026, le mouvement estime que trois mois après l’installation du nouveau gouvernement, aucune amélioration notable n’a été enregistrée sur les principaux dossiers du pays. Selon l’organisation, l’insécurité continue de s’étendre, notamment vers les départements du Sud-Est et du Nord-Ouest, tandis que la population fait face à une aggravation des conditions économiques marquée par la hausse des prix du carburant, du transport et du coût de la vie.
Le parti accuse également les autorités de prendre des décisions unilatérales sans concertation nationale. Parmi les points dénoncés figure la signature de contrats dans les domaines de la sécurité et de la perception fiscale confiés à des entreprises étrangères, ce que Kontra Pèp la considère comme un abandon de prérogatives fondamentales de l’État haïtien.
L’organisation critique aussi la création, par décret du 30 mars 2026, de l’Autorité Minière d’Haïti. Selon elle, cette nouvelle structure ouvrirait la voie à une exploitation accrue des ressources minières du pays par des compagnies étrangères, en contradiction avec les dispositions de la loi minière de 1976.
Sur le plan politique, Kontra Pèp la s’oppose au processus électoral actuellement envisagé par le Conseil Électoral Provisoire. Le mouvement estime qu’il est impossible d’organiser des élections crédibles dans le contexte actuel d’insécurité, de déplacements massifs de population et de dysfonctionnement des institutions publiques.
« Le CEP a récemment fixé le premier tour des élections au 30 août 2026, avant que des divergences n’apparaissent avec la Primature autour de l’éventuelle tenue d’un référendum constitutionnel et du calendrier électoral. », évoque la plateforme précisant également des tensions autour du budget électoral, estimé à 250 millions de dollars américains.
Pour Kontra Pèp la, un scrutin financé et sécurisé principalement par des acteurs étrangers ne saurait être considéré comme une véritable élection nationale. L’organisation affirme que l’élection est un attribut de souveraineté et ne peut être organisée dans un contexte de dépendance internationale et d’occupation de fait.
Le mouvement estime en outre que la priorité nationale devrait être le rétablissement de la sécurité, le retour des déplacés dans leurs quartiers et la restauration du fonctionnement normal du pays avant toute consultation électorale.
Ainsi, dans son communiqué, Kontra Pèp la appelle les organisations patriotiques et progressistes à se mobiliser afin de constituer un Front de résistance patriotique destiné, selon ses dirigeants, à défendre l’indépendance nationale et empêcher une nouvelle forme de recolonisation du pays.
La structure conclut en réaffirmant son attachement à une Haïti souveraine et libre, dénonçant ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de la crise actuelle au profit d’intérêts étrangers et de certains acteurs politiques locaux.
Vladimir Predvil
