Le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, a effectué, ce mercredi 13 mai, une visite à la base de la Force de suppression des gangs (FSG) située dans la commune de Tabarre. Accompagné du directeur général de la Police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison, il a rencontré le représentant spécial de la FSG, Jack Christofidies, ainsi que la cheffe du Bureau d’Appui des Nations Unies en Haïti (BANUH), Daniela Kroslak, pour discuter du déploiement de nouvelles unités étrangères et de l’accélération des opérations contre les groupes armés.
Le chef du gouvernement a inspecté les infrastructures destinées à accueillir des contingents tchadiens, salvadoriens et guatémaltèques, censés renforcer l’action coordonnée de la PNH et des Forces armées d’Haïti. Aux soldats étrangers, il a lancé un appel direct : «â€¯Le peuple haïtien attend de vous une seule chose : des résultats concrets pour le rétablissement durable de la sécurité. »
Mais, derrière cette mise en scène, une question surgit : combien de fois la population haïtienne a-t-elle entendu ces promesses de «â€¯résultats concrets » sans jamais en voir les effets ? Depuis des mois, les annonces de renforts internationaux se succèdent, sans que la violence des gangs ne recule de manière significative. La multiplication des forces étrangères sur le territoire, loin de rassurer, alimente un sentiment de dépendance et d’incertitude.
Toutefois, le gouvernement affirme vouloir restaurer l’autorité de l’État et créer les conditions pour des élections libres et crédibles. Néanmoins, aucun calendrier précis ni mécanisme concret n’a été présenté pour traduire ces intentions en actes. Les citoyens, eux, continuent de subir les déplacements forcés, les enlèvements et l’insécurité quotidienne.
Cette visite à Tabarre illustre une stratégie davantage tournée vers la communication que vers des résultats mesurables. Le peuple attend moins de discours et de cérémonies officielles que de véritables avancées sur le terrain. Tant que les promesses resteront sans suite, la mobilisation contre les gangs apparaîtra comme une répétition des mêmes scénarios : force étrangère sur force étrangère, la sécurité nationale reste toujours hors de portée.
Likenton Joseph
