À Jacmel, le nom de Monose Jeudy évoque immédiatement l’image d’un journaliste rigoureux, indépendant et profondément attaché à l’éthique du métier. Pour ses collègues comme pour une grande partie de la population jacmélienne, il incarne l’exemple d’un professionnel qui a choisi de rester fidèle à sa conscience plutôt qu’aux pressions politiques ou économiques.
Ancien correspondant permanent de la Radio Quisqueya pendant plusieurs années, Monose Jeudy a marqué la presse locale par son style singulier, son regard critique sur les réalités sociales et sa détermination à traiter l’information avec honnêteté. Plusieurs journalistes qui l’ont côtoyé témoignent aujourd’hui de l’influence qu’il continue d’exercer dans le paysage médiatique de Jacmel.
Pour Claudy Desrival, ancien journaliste à Radio Éphatha et ancien correspondant de Radio Galaxy, Monose Jeudy est avant tout un journaliste profondément respecté par la population.
Selon lui, son travail dépasse largement les clivages sociaux et politiques.
« Monose Jeudy se yon jounalis ke tout kouch nan sosyete jakmelyèn nan apresye pou kalite travay li fè pou diferan medya li te travay yo. Yo te konnen li kòm jounalis ki pi serye e ki pa t nan zanmitay ak politisyen devan metye a. »
Claudy Desrival souligne également que le journaliste porte une attention particulière aux réalités sociales.
« Mwen te renmen lè Monose Jeudy trete sijè sou pwoblèm sosyal tankou povrete, inegalite, ak aksè a edikasyon ak swen sante. Men konesans Monose sou pwoblèm kominotè yo te montre fason kominote a ap evolye; li te kwè nan devlopman geto yo. »
Pour son collègue, Monose Jeudy incarne un journalisme à la fois critique et objectif.
Il se souvient notamment d’une phrase que le journaliste répète souvent pour affirmer son indépendance :
« Monose pa gen madanm ak pitit. Li pap vann plim li a okenn moun. Vizyon li se goumen pou bay vil Jakmel yon lòt oryantasyon. »
Selon Desrival, cette philosophie résume parfaitement la personnalité du journaliste : un homme simple, vivant modestement et toujours prêt à partager ce qu’il possède.
Luckenson Jean, professeur, journaliste et ancien secrétaire général de l’Association des Journalistes du Sud-Est (AJSE), garde lui aussi un souvenir marquant de Monose Jeudy.
« Monose Jeudy est un journaliste propre à lui-même. Sa façon de travailler est exceptionnelle. De 2002 à 2009, quand j’étais directeur des informations à Radio Express, pour moi Monose Jeudy était un véritable mangeur d’informations. »
Selon lui, la manière dont Jeudy collecte et traite l’information se distingue clairement de celle de nombreux journalistes de la presse locale.
« Au niveau de la presse locale, il a bouleversé ce domaine. Tous les journalistes locaux le connaissent comme quelqu’un qui aime profondément le métier du journalisme. »
Luckenson Jean souligne également l’originalité de son approche éditoriale.
Monose Jeudy réalise souvent des reportages sur des sujets rarement abordés dans les médias locaux.
« Il faisait des reportages sur des sujets sociaux absents dans la presse locale. Par exemple, un reportage sur l’arrivée du printemps ou encore sur la saison des pisquettes. Monose Jeudy n’était pas comme les autres. »
Pour le journaliste et professeur, Monose Jeudy a littéralement inventé sa propre manière de pratiquer le métier.
« C’est un journaliste qui invente sa propre façon d’exercer le journalisme. »
Luckenson Jean souligne aussi l’influence personnelle que Jeudy a eue sur son parcours professionnel.
« Je me rappelle surtout de ses conseils, car il exerçait le métier avant moi. J’ai toujours suivi ses conseils, qui ont contribué à faire de moi un directeur ayant marqué la presse locale et nationale. »
Joanel François, journaliste et directeur de l’information à la Radio Évangélique Hosanna, partage également une profonde admiration pour Monose Jeudy.
Originaire de Jacmel et actif dans le journalisme depuis plus d’une décennie, il considère Jeudy comme un exemple d’intégrité dans la profession.
« Monose Jeudy est le journaliste le plus modeste et le plus simple que je connaisse dans l’exercice du métier. Il se contente de ce que la nature lui offre pour survivre. »
Selon lui, le journaliste refuse toute proposition susceptible de compromettre son indépendance.
« Il se garde toujours de toutes offres qui risqueraient de l’entraîner sur des pentes qu’il ne pourra pas expliquer. »
Joanel François rappelle également que Monose Jeudy représente depuis près de deux décennies la Radio Quisqueya à Jacmel.
« Il n’est attaché à aucun média local. Il est le représentant permanent de la Radio Quisqueya depuis environ deux décennies. »
Son professionnalisme et son sens de l’information ont même été salués par la célèbre journaliste haïtienne Liliane Pierre-Paul, ancienne directrice de Radio Quisqueya.
« Son honnêteté, son humilité et son sens aiguisé du traitement de l’information ont été admirés par la défunte Liliane Pierre-Paul. »
Pour Joanel François, le parcours de Monose Jeudy témoigne d’une fidélité remarquable aux valeurs fondamentales du journalisme.
« Monose Jeudy est un journaliste modèle. Il a toujours exercé son métier avec beaucoup de dignité et d’indépendance, sans chercher de privilèges particuliers. Malgré les difficultés que peut rencontrer un journaliste dans l’exercice de sa profession, il est resté fidèle à ses principes et à sa manière de concevoir le métier. C’est un colosse. »
À travers les témoignages de ses collègues, se dessine le portrait d’un journaliste rigoureux, indépendant et profondément attaché à l’éthique du métier.
Dans un contexte où la profession journalistique joue un rôle essentiel dans la vie démocratique et sociale du pays, le parcours de Monose Jeudy rappelle l’importance de la rigueur, de l’honnêteté et du sens du devoir dans l’exercice de ce métier exigeant.
À Jacmel, beaucoup voient en lui l’une des figures marquantes d’un journalisme engagé au service de la communauté et de l’information.
Emerson Vilbrun
Journaliste – Écrivain
Credit photo : Cesar Legros
