La Ministre à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes, Mme Pedrica Saint Jean, a initié en Haïti, le 4 mars 2026, un atelier multisectoriel de deux jours, consacré à l’examen du Plan national pour l’égalité entre les femmes et les hommes adopté en 2014.
« L’objectif est de renforcer la cohérence et l’efficacité de nos interventions, identifier les ajustements nécessaires et préparer ensemble la prochaine phase du Plan national afin qu’il produise des résultats tangibles et durables pour toutes les femmes et toutes les filles d’Haïti », a déclaré la Ministre.
Haïti s’est engagé, à travers ce document stratégique, à inscrire l’égalité de genre au cœur des politiques publiques et à créer les conditions permettant aux femmes d’exercer pleinement leurs droits et de contribuer, à égalité, au développement politique, économique, social, culturel et environnemental du pays.
Des avancées
La Ministre Saint Jean a souligné un certain nombre d’avancées :
- L’approche genre a progressivement intégré les politiques publiques.
- Des campagnes nationales de sensibilisation ont contribué à faire évoluer les mentalités.
- Des programmes de protection sociale ont renforcé l’accompagnement des femmes en situation de vulnérabilité.
- Des initiatives ont été déployées en faveur de la santé reproductive et de l’éducation des filles.
- La présence des femmes dans certains espaces décisionnels s’est accrue, traduisant une dynamique encourageante de leadership féminin.
Des défis
Cependant, la Ministre a relevé la persistance des inégalités, des violences basées sur le genre, de la précarité économique disproportionnée des femmes, « des crises socio-politiques, sécuritaires et environnementales qui ont accentué certaines vulnérabilités. « Ces défis exigent de nous un renforcement de notre action et une adaptation de nos stratégies », a indiqué Mme Saint Jean.
Des progrès conjoints
« Jusqu’à 2025 et en 2026, les efforts conjoints de l’UNFPA, du Ministère de la Santé Publique et de la Population et du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes ont permis des avancées concrètes », a précisé le Représentant de l’UNFPA en Haïti, M. Samir Anouti.
Santé reproductive et maternelle
En matière de santé reproductive et maternelle :
- Les intrants essentiels de santé sexuelle reproductive et maternelle sont rendus disponibles dans les 10 départements du pays chaque année (à hauteur de 2 millions de dollars par an).
- Au 31 décembre 2025, 32 structures de santé offraient et offrent des services intégrés de santé maternelle et reproductive avec l’appui de l’UNFPA.
- L’extension de la disponibilité des contraceptifs modernes au niveau national a contribué à réduire sensiblement les besoins non satisfaits en planification familiale.
- 417 prestataires de santé, notamment des sage-femmes, ont été formés aux soins obstétricaux d’urgence et à la prise en charge clinique des survivantes de violences basées sur le genre.
Chaque investissement dans la santé reproductive sauve des vies et renforce l’autonomie des femmes et améliore leur bien-être. Ces interventions sont d’autant plus cruciales que la mortalité maternelle en Haïti demeure parmi les plus élevées de la région.
La lutte contre les VBG
Dans le cadre de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), l’UNFPA, en tant que co-lead du sous-secteur VBG, et en étroite collaboration avec le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes, a renforcé les mécanismes de coordination intersectorielle pour mieux accompagner les survivantes et prévenir les violences, a ajouté M. Anouti.
En 2025:
- 8 093 cas de violences basées sur le genre ont été rapportés par les prestataires de services essentiels, représentant une augmentation de 25 % par rapport à 2024. Cette fluctuation mensuelle des cas s’explique notamment par les difficultés d’accès humanitaire et les interruptions de financement.
- Six espaces sûrs pour femmes et filles survivantes de VBG ont été soutenus dans les zones les plus affectées.
- Des milliers de survivantes ont bénéficié d’une prise en charge multisectorielle - médicale, psychologique, socio-économique et juridique.
En 2025, l’UNFPA a initié avec le MCFDF, « à travers le réseau de LIFHER, la formation de 200 leaders féminins en promotion des droits á la Santé, afin de renforcer la participation des femmes aux instances décisionnelles et d’encourager un leadership féminin transformateur.
Plusieurs défis structurels continuent cependant de freiner l’atteinte des objectifs fixés par la PEFH 2014-2034, en particulier :
- L’insécurité persistante limitant l’accès aux services essentiels et augmentant continuellement les besoins humanitaires ;
- Le sous-financement chronique des programmes en faveur de l’égalité de genre;
- Les normes sociales discriminatoires entravant l’autonomisation des femmes.
Alignement
Le Plan national pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2014-2034 est pleinement aligné sur les engagements internationaux d’Haïti, notamment l’Objectif de développement durable 5 relatif à l’égalité des sexes. Il constitue un pilier essentiel pour garantir l’égalité de droits, d’opportunités et de participation entre les femmes et les hommes en Haïti.
Depuis son adoption, six orientations stratégiques claires ont guidé l’action publique en matière d’égalité des sexes en Haïti. L’UNFPA s’y était aligné en fonction de son mandat sur deux des six orientations stratégiques et s’est résolument engagé à soutenir l’État haïtien dans la lutte contre les inégalités au genre, les violences basées sur le genre, et l’amélioration de l’accès des femmes à des services de santé sexuelle et reproductive de qualité, dans le respect de leur dignité.
Photos : Vario Sérant
