L'ouvrage « Covid-19 et les Outils de Planification du Secteur d'Éducation en Haïti » se présente comme un diagnostic sans concession et une boussole stratégique de la réforme du système. Publié en 2021, dans le Chapitre V, le professeur ROBLIN explore la nécessité de rompre avec un système obsolète pour embrasser une politique de postmodernité ancrée dans les réalités pratiques locales. Ce texte n’est pas seulement un constat de crise, c’est aussi un plaidoyer pour une « école qui s'appuie sur la pédagogie inversée » (p. 88) et qui refuse le déterminisme de la pauvreté. À l'instar de réflexions d'Elmano Endara JOSEPH (Le National, 2025), l'œuvre suggère que le salut réside dans une planification rigoureuse capable de transformer les « chômeurs déguisés » (p. 88) en agents de développement. Eu égard à cela, ce travail sous-entend une analyse sémantiquement approfondie et structurée du potentiel de réforme éducative en Haïti, basée sur les textes de la pensée prospective du plan Roblin.
Le constat de l’inéquation formation-emploi
L’adéquation formation-emploi apparaît comme un pilier de la souveraineté économique du Plan Roblin. En cela, cette analyse révèle une vérité essentielle en ce sens que le système éducatif haïtien produit des « chômeurs diplômés » par manque de synergie avec le secteur productif. Cette « inadéquation formation-emploi » n'est pas une simple faille technique, mais, selon le professeur Roblin, c’est une rupture structurelle où l'école fonctionne en vase clos, ignorant les besoins réels des entreprises. L’auteur dénonce avec force cette déconnexion où les jeunes, après d'énormes investissements personnels, se retrouvent dans une impasse, car « l'école et l'entreprise en Haïti sont toujours aux antipodes l'une de l'autre » (p. 89). Ainsi le Plan Roblin propose-t-il une réforme paradigmatique intégrant la « traçabilité » du diplômé et l'efficacité externe du système comme indicateurs de réussite.
Cette vision portée par le Plan Roblin est d'une pertinence historique absolue et d'une lucidité salvatrice. En identifiant ce levier comme la priorité des « plus hauts responsables » (p. 89), l’actuel DG du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle ne se contente pas d’analyser ; mais il trace la voie vers une éducation qui redonne sa dignité au peuple haïtien. Il est admirable de voir comment cette réforme refuse la fatalité de la précarité pour proposer une « adéquation systémique ». C'est une pensée audacieuse qui transforme l'école en moteur de croissance. Car lier l'apprentissage à la « compétence monétisable » est le plus bel hommage que l'on puisse rendre à l'intelligence de notre jeunesse : lui donner, enfin, les moyens de bâtir son pays au lieu de l'observer de l'extérieur. Une véritable boussole pour l'avenir !
C’est-à-dire que le premier levier de la réforme Roblin réside dans la résolution du choc entre les diplômes et le marché. L'auteur souligne que « l'école et l'entreprise en Haïti sont toujours aux antipodes l'une de l'autre » (p. 89). Cette inadéquation crée une masse de diplômés qui « végètent dans la précarité » si l’on croit l’auteur (p. 89). La réforme propose de passer d'une éducation de l'attente à une éducation de l'action. Dans une analyse précédente, Endara à travers les colonnes de Le National, soutient que la planification doit être le moteur d'une « adéquation systémique » où chaque heure passée en classe se traduit par une compétence monétisable dans l'économie réelle (Endara, 2025)..
La pédagogie du forgeron : L’apprentissage par l’action
Au cœur du Plan Roblin se trouve la pédagogie du forgeron, inspirée du « learning by doing » de John Dewey (p. 91). Il s'agit de puiser dans la vision prospective d'une école où l'élève n'est plus un réceptacle passif, mais un artisan de son savoir. « L'école à laquelle nous aspirons…, soutient l'architecte du Plan Roblin, devrait puiser profondément dans l'approche de la pédagogie du forgeron » (p. 91). Cette approche transforme l'espace scolaire en un laboratoire de production, rompant avec la passivité historique pour forger des citoyens capables de transformer physiquement et économiquement leur environnement.
La « pédagogie du forgeron » évoquée ne se limite pas à un simple apprentissage technique ; mais elle incarne une métamorphose de l'identité haïtienne. En s'appuyant sur les travaux de Maurice Dartigue et de Joseph C. Bernard, le Plan Roblin préconise un « enseignement fondamental » (p. 91) où la main et l'esprit collaborent. Cette approche holistique vise à briser le complexe de l'intellectualisme stérile. Il s'agit d'ancrer l'école dans une « vision prospective » (p. 91) où l'apprenant, dès le cycle primaire, expérimente la transformation de la matière, comme l'illustre l'exemple des plantations de légumes réussies par des enfants. Le « forgeron » devient ici la métaphore du citoyen bâtisseur, celui qui, par l'effort conscient et l'expérimentation, « gagne sa vie et contribue au développement de sa communauté » (p. 91).
Cette proposition est d'une puissance doctrinale exceptionnelle. En réhabilitant la figure du « forgeron », le Plan Roblin opère un retour aux sources de l'efficacité pédagogique tout en propulsant Haïti vers la postmodernité locale. Il est admirable de constater la finesse avec laquelle l'auteur réintègre les théories de Dewey pour répondre aux urgences nationales. C'est une véritable ode à la dignité par le travail et l'intelligence appliquée. Cette pédagogie n'est pas seulement une méthode ; mais aussi un acte de foi dans le génie créateur haïtien. Elle offre une réponse concrète au fatalisme en démontrant que l'excellence naît de la pratique rigoureuse. C’est, sans conteste, le socle d’une éducation souveraine et libératrice !
Vers une école de la citoyenneté et de la morale
Le plan Roblin ne néglige pas la dimension éthique. Il appelle à l'inculcation d'une « morale moralisante » (p. 90) qui dépasse le simple civisme de façade. L'objectif est de « développer chez l'élève haïtien comme compétence, l'intelligence émotionnelle » (p. 90). Il s'agit de former un citoyen qui ne cherche pas seulement à réussir pour lui-même, mais aussi avec sa communauté. Cette réforme vise à extraire la jeunesse de la « caverne d'Ali Baba où les gens s'impliquent à longueur de journée dans des opérations marginales » (p. 90), pour les diriger vers le bien commun.
C’est une rupture nécessaire avec l'éducation purement académique pour s'aventurer sur le terrain de la reconstruction psychologique et sociale. L'auteur évoque une « intelligence émotionnelle dans l'optique de Daniel Goldman » (p. 90) comme socle de la citoyenneté. Il ne s'agit plus seulement de stocker des connaissances, mais de « gérer non seulement ses propres émotions, mais également celles des autres » afin de favoriser une culture de tolérance. En citant le rapport de Jacques Delors de l'UNESCO — apprendre à être, apprendre à faire, apprendre à entreprendre et surtout apprendre à vivre ensemble (p. 90) — le texte positionne la réforme Roblin comme un outil contre la salubrité publique. L'école devient le lieu où l'on redéfinit les programmes pour « inculquer aussi aux élèves des compétences » liées au savoir-être, transformant l'espace éducatif en un rempart contre l'anarchie et les pratiques de survie marginales.
L’insistance du Plan Roblin sur la dimension éthique et émotionnelle est un trait de génie visionnaire. Dans un contexte où le tissu social semble se déliter, proposer une « morale moralisante » qui s'attaque aux racines du comportement humain est une démarche d'une profondeur inouïe. Il est fascinant de voir comment l'auteur intègre l'intelligence émotionnelle non pas comme un luxe pédagogique, mais comme une compétence de survie nationale. Cette volonté de sortir la jeunesse de la « caverne » de l'informel et de l'immoralité pour l'élever vers le « bien commun » est un cri de ralliement pour l'honneur de la patrie. C’est une approche lumineuse qui prouve que la réforme n’est pas seulement technique, elle est l'architecte d'une nouvelle âme haïtienne. Un plaidoyer magistral pour la dignité !
Rupture avec le « bovarysme » collectif
Le professeur Roblin dénonce l'école haïtienne comme étant « marquée par une culture de miroir » (p. 92), un « bovarysme » où l'on se rêve autre que ce que l'on est. Cette école élitiste, déconnectée des masses, est un outil de « reproduction sociale » (p. 92) qui ne sert qu'une minorité. La réforme Roblin propose de briser ce miroir déformant. En finir avec cette « école de coopération dans la logique d'Ovide Decroly » (p. 92) mal appliquée, c'est accepter enfin de regarder la réalité haïtienne en face pour construire un modèle endogène, et non une pâle copie d'un système occidental inadapté.
Le terme de « bovarysme collectif », emprunté par l'auteur au professeur Lyonel Trouillot (p. 92), désigne cette pathologie sociale où l'on préfère l'illusion de l'apparence à la solidité de l'être. L'école actuelle se comporte comme un miroir narcissique qui ne reflète que les aspirations d'une élite, ignorant les besoins de 90% de la population. En invoquant la « reproduction sociale » théorisée par Bourdieu, l'ouvrage démontre que le système éducatif haïtien a longtemps fonctionné comme un mécanisme d'exclusion, figeant les classes sociales au lieu de favoriser la mobilité. Rompre avec cette culture, c'est cesser de mimer des modèles extérieurs pour enfin mettre en œuvre un projet « main à la pâte » (p. 92) qui valorise la diversité culturelle et les micro-projets locaux. La réforme Roblin présuppose que l'authenticité pédagogique est le seul remède à cette aliénation qui nous rend étrangers à notre propre sol.
Cette critique du bovarysme scolaire est d'une puissance intellectuelle dévastatrice et nécessaire. Le Plan Roblin a le courage de briser l'idole d'une école de prestige factice pour proposer une école de la pratique de la réalité socio-économique du maché, en tout cas de la vérité, donc à l’ayitienne. Il est admirable de voir avec quelle précision que l'auteur démonte les mécanismes de la « culture de miroir » pour exiger un modèle endogène. Cette volonté de substituer à une « école de coopération » mal comprise une pédagogie de la réalité est le signe d'une décolonisation mentale réussie. « C'est une affirmation vibrante de notre capacité à penser par nous-mêmes et pour nous-mêmes », dit-il. En invitant Haïti à se regarder enfin en face, le Plan Roblin ne propose pas seulement une réforme, mais propose une libération nationale par l'esprit, donc un acte de bravoure académique indispensable !
L’éradication du psittacisme intellectuel
L’un des plus grands fléaux identifiés est le « psittacisme reposé sur des examens » (p. 92). L'école actuelle privilégie les « connaissances encyclopédiques, des connaissances apprises sous forme de psittacisme avec une pédagogie frontale » (p. 92). La réforme Roblin prône une analyse métasémantique du savoir, c’est-à-dire comprendre le sens profond des outils plutôt que de les réciter. Il s'agit de passer d'un savoir « par cœur » à un savoir « par le cœur et la main », où l'étudiant comprend l'utilité sociale de sa connaissance.
Le terme « psittacisme », issu du grec psittakos (perroquet), décrit avec une précision chirurgicale le drame de l'enseignement traditionnel ayitien. Le professeur subsume que l'élève « réussit tant bien que mal pour l'école, mais non pour la vie » (p. 92), car il ingurgite des données sans en saisir la substance ni l'application. Cette « pédagogie frontale et interrogative de type behavioriste » (p. 92) réduit l'intelligence à une simple fonction de stockage et de restitution. La réforme Roblin, à l'opposé, propose une approche où le savoir est vivant. En prônant une analyse métasémantique, elle exige que l'élève s'interroge sur le
[Sources : Cette image est générée à partir de plateformes méta numériques ou des Intelligences artificielles, notamment Gemini.]
sens du signe et de l'outil. Passer au savoir « par le cœur et la main » signifie que la connaissance doit être émotionnellement investie et techniquement appliquée. C'est
lafin du diplôme-trophée et le début du diplôme-outil, capable de transformer une réalité souvent hostile en un terrain de construction.
L’attaque frontale menée par le Plan Roblin contre le psittacisme est un véritable coup de maître pédagogique. Il est rafraîchissant et salvateur de lire une critique aussi acerbe que juste d'un système qui sacrifie l'esprit critique sur l'autel de la mémorisation stérile. L'auteur a le génie de proposer une alternative où l'élève cesse d'être un perroquet pour devenir un penseur. Cette volonté pratique de lier la connaissance à son « utilité sociale » est le signe d'une réforme qui a compris que l'intelligence n'a de valeur que si elle sert à libérer l'homme et à bâtir la cité. En remplaçant la récitation par l'analyse, le Plan Roblin ne se contente pas de changer de méthode ; mais il change de génération pour percevoir le monde de la vie. C'est une œuvre de salubrité intellectuelle qui mérite d'être le fer de lance de notre renouveau national. Ou du moins une clairvoyance qui force l'admiration !
L’héritage de Maurice Dartigue et la ruralité
Le texte rend hommage à la réforme de Maurice Dartigue des années 40, qui prévoyait un « enseignement rural » rattaché à chaque établissement (p. 91). Le plan Roblin réactive cette nécessité d'un « enseignement fondamental » (p. 91) holistique. Dans un pays où la terre reste une ressource majeure, la réforme propose de réconcilier l'école avec son terroir. « La théorie et la pratique sont concomitantes » (p. 91), permettant ainsi à l'apprenant de contribuer au développement de sa communauté dès la sortie du cycle primaire.
Le Plan Roblin opère une plongée historique stratégique en ressuscitant la vision de Maurice Dartigue et les travaux ultérieurs de Joseph C. Bernard. L'auteur souligne que cette réforme visait un « enseignement urbain en un seul type d'enseignement appelé enseignement fondamental » (p. 91), brisant ainsi la barrière injuste entre l'école des villes et celle de champs. L'analyse métasémantique de ma préoccupation révèle que la " ruralité " n'est pas vue comme un retard, mais comme un gisement de richesse. En prônant un système où l'école possède sa propre « parcelle de terre attachée » (p. 91), la réforme transforme l'acte pédagogique en un acte de production agricole et économique. C'est l'application concrète du concept de « type holistique » où l'élève n'apprend pas seulement l'agronomie dans les livres, mais sur le terrain, faisant de l'école le moteur du développement local et de la sécurité alimentaire.
Cette volonté de réhabiliter l'héritage de Maurice Dartigue est d'une pertinence historique magistrale. Le Plan Roblin, démontre une sagesse profonde en allant puiser dans les succès du passé pour éclairer les défis du futur. Il est admirable de voir comment l'auteur propose de réconcilier l'Haïtien avec sa terre, transformant l'école en une véritable pépinière de développement rural. Cette approche, où la théorie et la pratique sont « concomitantes », est le remède le plus efficace contre l'exode rural et la dépendance alimentaire. En redonnant ses lettres de noblesse à l'enseignement agricole et communautaire, le Plan Roblin ne fait pas que réformer l'éducation ; mais aussi il s'attaque à la racine de l'économie nationale. C’est une vision noble, courageuse et fondamentalement patriotique qui mérite d'être le pilier de la nouvelle Haïti !
La gestion des conflits et la culture de la paix
L'éducation doit aussi être un rempart contre les « crises cycliques qui émaillent l'histoire de notre vie de peuple » (p. 93). En s'appuyant sur l'histoire, de la « disparition du Fondateur de la Patrie » aux « dictatures féroces » (p. 93), la réforme Roblin vise à utiliser l'école comme un espace de médiation. « Notre école doit être repensée pour aborder les vrais problèmes de la société comme la gouvernance, la tolérance, le respect de la res publica » (p. 93). C'est par l'éducation que l'on stabilise durablement le climat social.
Le Plan Roblin identifie l'école non pas comme un sanctuaire isolé des tumultes du monde, mais comme le laboratoire où se forge la stabilité de la cité. Notre analyse montre que l'instabilité politique chronique, de l'assassinat de Dessalines (« la disparition du Fondateur ») aux occupations étrangères, a laissé des cicatrices profondes dans la psyché nationale. Pour l'auteur, la réforme doit intégrer une éducation à la res publica (la chose publique). Cela signifie transformer le rapport au pouvoir et à l'autre. En enseignant la « gouvernance » et la « tolérance » dès le plus jeune âge, on désamorce la « théorie des dominos » (p. 93) où chaque crise en entraîne une autre. L'école devient ainsi une institution de médiation sociale capable de rompre le cycle des « guerres civiles larvées » pour instaurer un climat de paix durable fondé sur le respect des lois et des institutions.
Cette dimension du Plan Roblin est d'une profondeur sociologique saisissante. Il est rare de voir un plan de réforme éducative s'emparer avec autant de courage des traumatismes historiques pour les transformer en outils pédagogiques. L'auteur a peut-être raison d'affirmer que sans une réforme de la conscience civique, aucune réforme technique ne tiendra. Il est admirable de voir comment l'école est ici investie d'une mission de « guérison nationale ». En prônant le respect de la res publica, le Plan Roblin s'érige en garant de la démocratie future. C'est une vision qui dépasse le cadre des salles de classe pour embrasser le destin même de la nation. Un plaidoyer lucide et impérieux pour une paix qui ne soit plus une simple trêve, mais une culture !
La fin de l’aliénation et le retour aux sources
Le plan Roblin s'attaque à la « problématique qui devient de jour en jour un sujet d'intérêt pour les cadres du pays ayant la vocation de services publics » (p. 93). En évitant que les cerveaux ne « restent à l'étranger » (p. 93), la réforme vise à recréer une attractivité nationale. Comme le souligne Endara (2025), la réforme n'est pas qu'administrative, elle est identitaire. Elle doit permettre de passer d'une formation qui « laisse à désirer » à une expertise qui répond aux « besoins réels du pays voire du secteur moderne de production » (p. 93).
L'auteur met en lumière le drame de la fuite des cerveaux, conséquence directe d'une éducation qui forme pour l'ailleurs plutôt que pour l'ici. La réforme Roblin propose de briser ce cycle d'aliénation en créant une « adéquation entre la formation et les besoins réels » (p. 93). Du point de vue métasémantique, le " retour aux sources " n'est pas un repli nostalgique, mais une reconquête du terrain par l'expertise nationale. Il s'agit de redonner un sens à la vocation de service public, en s'assurant que les cadres ne se sentent plus obligés de chercher à l'étranger une reconnaissance ou une utilité qu'ils devraient trouver chez eux. En alignant les curricula sur le « secteur moderne de production », le plan transforme l'étudiant en un acteur du changement endogène, ancré dans sa culture mais armé techniquement pour les défis mondiaux.
L’analyse du Plan Roblin sur l’aliénation des cadres est d’une lucidité poignante et d'une portée patriotique immense. Il est remarquable de voir comment l'auteur identifie le lien entre la qualité de l'offre éducative et le sentiment d'appartenance nationale. En proposant de transformer une formation qui « laisse à désirer » en une expertise de pointe au service du pays, il offre une réponse concrète au pessimisme ambiant. C'est une affirmation magistrale de la valeur du génie haïtien, car nous n'avons pas besoin de nous exporter pour briller, nous avons besoin d'un système qui nous permet de rayonner chez nous. Cette vision est le ciment nécessaire à toute reconstruction durable, car elle mise sur le capital humain comme premier moteur de souveraineté. Un plaidoyer vibrant pour la fierté retrouvée !
L’urgence d’une planification rigoureuse
La réforme Roblin, telle que analysée à travers ces pages, est un « curriculum caché » (p. 89) qui doit devenir la norme et de fait se relève au grand jour. Elle propose de transformer l'aberration actuelle en une opportunité historique. Le salut de l'éducation en Haïti ne viendra pas d'un énième plan importé, mais de cette volonté de « verser dans nos préoccupations la philosophie selon laquelle l'école inscrit ses apprenants à travers un curriculum » (p. 89) ancré dans le réel. Il est temps, comme le suggère l'auteur, de sortir de la « faillite » pour arriver enfin au « développement endogène » (p. 92).
Les recommandations de l'ouvrage sont une sommation à l'action immédiate. L'analyse méta sémantique du terme « curriculum caché » (p. 89) suggère que les véritables enjeux de l'éducation se jouent souvent en dehors de programmes officiels, dans les non-dits et les structures de pouvoir. Le Plan Roblin propose d'inverser cette tendance en rendant ce curriculum explicite, transparent et aligné sur les besoins de la nation. Sortir de la « faillite » (p. 92) exige une rigueur mathématique dans la planification, car il ne s'agit plus de gérer des flux d'élèves, mais de piloter un système de production de compétences. L'auteur souligne l'aberration des jeunes de 25 à 35 ans sans expérience (p. 88) pour justifier que seule une planification endogène, pensée par et pour des ayitiens, peut briser les chaînes de l'échec systémique. C'est l'ultime étape d'une transition nécessaire vers une autonomie de pensée et d'exécution.
Les travaux du professeur Roblin sont le couronnement d'une réflexion d'une rare intensité intellectuelle. Le Plan Roblin s'achève non pas sur une simple recommandation, mais sur une vision prophétique et pragmatique de la renaissance ayitienne. Il est admirable de constater comment l'auteur refuse les solutions de facilité et les « plans importés » pour exiger une rigueur de conception locale. Cette insistance sur le « développement endogène » est la marque de grands penseurs qui ont compris que la dignité d'un peuple passe par la maîtrise de son système de transmission du savoir, ce que Kenny appelle Glokal. En transformant l'aberration en opportunité, le Plan Roblin offre à Ayiti un véritable manifeste pour la liberté. C'est un cri d'espoir structuré, une feuille de route vers la lumière que tout citoyen engagé devrait faire sienne. Une œuvre magistrale et indispensable pour en côtoyer une éducation puisée de la réalité pratique du marché !
elmano.endara_joseph@student.ueh.edu.ht
Masterant en Fondements philosophiques et sociolinguistiques de l’Éducation/CESUN Universidad, California, Mexico, Juriste et Communicateur social
