En Haïti comme dans la plupart des pays du tiers monde la santé n’est pas un enjeux politique majeur. Vous ne trouverez pas ce mot inscrit dans l’agenda des hauts dirigeants de l’état. Ce n’est pas pour eux non plus une cause d’insomnie. Dans l’opinion publique, on parle de la santé à l’occasion d’accident ou de l’émergence d’une épidémie, le 7 avril etc. Rien d’étonnant jusque-là, si l’on considère que sur l’échelle de Maslow, la santé se situe au deuxième niveau des besoins. La sécurité, l’alimentation, le logement font partis des besoins primaires. En Haïti ce sont ” des produits de luxe” pour ne pas répéter les paroles d’un célèbre gredin. Si vous êtes intéressés aux statistiques un bref regard sur la répartition des dépenses en santé peut vous donner une idée.
On ne saurait ignorer l’importance de l’argent. Cependant, on le répète souvent, l’argent, ce n’est pas tout. La santé est aussi un construit social, (mot savant ou jargon d’expert). Elle n’a pas le même sens ou la même importance dans toutes les sociétés. Avec le temps le sens évolue aussi dans une société. L’obésité dans certaines sociétés était perçue comme un signe de bien-être aujourd’hui elle a le sens contraire. Que dire de l’homosexualité qui a disparu dans les manuels de psychiatrie et Sigmund Freud dont les théories ont été falsifiées. Bref !
Parlant de la santé les théoriciens de la gestion pensent que c’est un terreau pour tester leurs modèles de gestion de la complexité. L’interaction en un même lieu de 150 corps de métiers, la lutte pour le leadership, quelle est la ressource la plus importante, l’optimum de Pareto… Véritable tour de Babel des temps post-modernes, chef d’œuvre architectural de la déconstruction. Stop ! Arrêté !
E le kò ! Et la santé, ça va ?
On a quelques petits soucis, on a déjà remplacé, mêmement par pareillement, jumeau par clone, identique par analogue. On n’a presque plus d’options, les ressources se font rares. Que veulent-ils encore ? On nous demande de “changer de mentalité”. Et encore plus loin, ils parlent de la culture de la dépendance. Pour celles et ceux vivant dans le pays de Dessalines, Christophe, Charlemagne Péralte en écoutant ces paroles on devrait penser à Rendemption song de Bob Marley. On ne peut pas faire de reproches aux gens à qui on adresse ces paroles, la majorité d’entre eux n’étaient encore nés lorsque Bob Marley écrivait “emancipate yourselves from mental slavery…” Dans l’histoire d’amour furieuse entre Haïti et les donateurs de ressources, on a l’impression d’être le témoin d’un dialogue entre deux tourtereaux – Où l’on entend : Je ne sais plus comment te dire, euh !…je ne trouve plus les mots pour arrêter la dérive…Parle-moi…Tu as l’halitose.
Si vous êtes encore avec moi, félicitation ! Si vous n’aviez pas compris. C’est juste une mauvaise habitude. Vous n’aviez pas traduit “halitose “ en créole.
Alô, alô… Jalousy, est-ce que tu as vu ce que j’ai mis ce matin sur mon status…message payé pour …C.N. Lazard.
Hello…waya, waya.
Docteur Guy Marcel Craan
Maitre ès Science en Administration de la Santé
