Les bandits ont demandé aux habitants de Christ Roi, de Delmas 30 et de Solino, de regagner leurs demeures. De demeures, il ne reste pas grand-chose. Car là où ces impies, ces barbares passent, c’est la désolation la plus totale. Cela va au-delà du simple pillage. C’est l’expression d’une haine contre tout citoyen qui possède le moindre bien. Qu’il s’agisse de la petite commerçante dans l’informel qui étale ses produits sur le trottoir ou d'un petit employé des classes moyennes qui s’est saigné pour louer un espace pour se loger, lui et sa famille. Tout est détruit, emporté, même les objets les plus insignifiants. C’est comme si pour ces délinquants, les seuls Haïtiens qui méritent de vivre sont ceux qui marchent pieds nus, qui ne sont pas éduqués, bref, la caricature qu’on fait souvent des habitants des ghettos. On imagine cette engeance contrôlant ce pays. Il suffirait de posséder moindre diplôme, d’être détenteur d’une compétence quelconque, et d’avoir la peau claire pour qu’on soit désigné pour le peloton d’exécution. Une parodie de ce qui s’est passé au Cambodge avec Pòl Pòt.
Ce n’est pas pour rien que des personnes de la diaspora financent des gangs pour qu'ils puissent réduire en cendre le pays. Si on n’a pas eu la possibilité d’avoir droit à la moindre intervention de l’État, le pays doit disparaître avec tous ceux qui n’ont pas un rapport direct avec une certaine bestialité.
Il faut dire aussi que le système haïtien a tout fait pour produire ces monstruosités en faisant du mépris social le fondement même d’une certaine gouvernance qui s’apparente à du racket au niveau étatique. Les autres monstruosités, elles sont encore pires si on peut avoir une échelle dans l’absurde, ce sont tous ces politiciens, parlementaires, ministres, conseillers présidentiels, Premiers ministres, hommes d’affaires, qui ont ouvert le pays au trafic des armes et qui ont distribué des armes à la pire délinquance dans les quartiers populaires. Les autres monstres, on les connait. Ce sont ceux qui ont renvoyé l’armée dans l’unique but de favoriser au maximum le chaos et la criminalité.
Ces monstres sont encore au pouvoir. Parfois, empêtrés dans le chaos qu’ils ont eux-mêmes créé, gênés aux entournures par leurs maîtres occidentaux qui ne peuvent plus les garder en selle, ils essaient d’arranger une fuite en avant en organisant au prix fort un retrait des gangs de certaines zones pour faire croire à un retour d’une sécurité minimale afin d'organiser un référendum bidon et des élections qui devraient porter au pouvoir une autre clique de ripailleurs.
Mais, c’est toujours le même schéma. Une fois au pouvoir, on se croit à un certain moment tout permis. C'est le tristement célèbre de l'après Dieu c’est moi de Jovenel Moise. La chute n’est alors que plus rapide, plus douloureuse.
On attend la suite.
Gary Victor
