A quelques heures de la fin de l’année 2025, va-t-on encore saluer le courage et la résilience du peuple haïtien ? Un peuple doit-il constamment, comme une sorte de malédiction, compter seulement sur sa capacité de résister à tous les mauvais coups du sort, à tous les complots, à toutes les incompétences, à toutes les méchancetés ? On a coutume de saluer cette force qu’à notre peuple de lutter. Haïti existe encore grâce à cette résilience et à ce courage, mais il est vraiment temps que ceux-ci se transforment en une lame de fond, en une sorte de tsunami qui puisse jeter dans les limbes ces armées de vautours, ces nuées de hyènes, ces laquais de l’étranger qui nous ont offert ce chaos, ce déni d’humanité que nous connaissons.
2025 a été un échec complet pour ceux qui avaient pour mission de diriger ce pays. L’année s’achève comme il avait commencé. Avec les gangs qui continuent à contrôler des parties importantes de notre territoire, une police nationale incapable de reprendre aux bandits les quartiers que la population a été obligée de fuir. Nombreuses sont nos routes sous le feu des gangs. De nombreux secteurs, comme l’hôtellerie, surtout dans le Grand Sud, paient le prix de cette insécurité. Le pire de tout, Haïti est le seul pays du continent pratiquement évité par les lignes aériennes. Depuis plus d’un an, l’aéroport international de Port-au-Prince est fermé et on ne sent aucune volonté des pouvoirs publics de faire l’impossible pour rétablir les liaisons aériennes.
Les scandales se sont multipliés au plus haut niveau de l’État où la politique semble se définir comme une lutte permanente pour une place devant les mangeoires bien garnies. Les membres du CPT ont sorti un décret pour protéger ce qu’ils ont acquis et ce qu’ils pensent pouvoir s’octroyer avant leur départ. C’est une manière de rendre la branche sur laquelle ils sont assis encore plus pourrie. Et comme il y a une nuée de abolotcho qui rêvent de venir s’asseoir sur cette branche, il faudra de vrais dirigeants à poigne, œuvrant pour la nation, indépendants de l’étranger pour casser cette branche, révoquer ce décret de toute manière illégal pris d’ailleurs par une instance à la légitimité plus que boiteuse.
Quelques Haïtiens, par leurs travaux, par leur talent, ont quand même permis au pays d’exister et de faire mentir ce titre d’un livre d’un journaliste français « Haïti n’existe pas » . Ce sont à ces femmes et ces hommes dans les secteurs culturels, sportifs, éducatifs, surtout qu’il faut dire merci. Nos politiciens traditionnels, au vu de leur mépris pour la population, de leur vénalité, de leur incompétence, de leur soumission à l’étranger, ne méritent de la nation que ce que Manno Charlemagne réclamait. Ils se préparent, sans état d'âme, à venir solliciter les votes de la population pour qu’ils puissent continuer la même comédie avec le soutien des gangs.
2026 ne peut pas être une année ratée. Les citoyens n’ont plus le droit de se détourner de la politique et de laisser le champ libre à la délinquance. 2026 ne sera autrement que si nous, citoyens, nous nous impliquons dans le champ politique avec la volonté de mettre fin au népotisme, à la corruption, au Blan an pa vle. Il faut aussi la volonté d’avoir une autre relation avec notre territoire qui ne soit pas une forme de nationalisme désuet et stérile.
2026 doit être l’année de la reprise en main du pays par ceux qui veulent se réconcilier avec la vision dessalinienne, mais une vision adaptée aux réalités du monde moderne.
Du patriotisme, de l’audace, de la fierté authentique, de l’imagination créatrice, l’amour du travail et de la compétence, le respect des réussites, et bien sûr, le rétablissement de la sécurité sur tout notre territoire, c’est ce que le National souhaite à toutes nos communautés.
Alors, BONNE ANNÉE 2026 !!!!
Gary Victor
