L’histoire du monde est pavée de grandes traitrises qui ont fait basculer des gouvernements et même des empires. Des traitrises sont même la matrice de certaines religions. Qui ne connait pas l’histoire du baiser de Judas ? Mais souvent celui qui pâtit de la traitrise n’a jamais soupçonné celui qui le frapperait dans le dos. Le cas de Jésus est particulier peut-être. L’action du traître était sans doute nécessaire à un plan déjà établi.
Le traitre, les traitres sont souvent des figures familières. Et pour être un bon traître, c’est-à-dire une personne importante pour ceux qui veulent votre perte, il faut qu’il fasse partie du cercle intérieur du pouvoir. Un chef de service sécurité, par exemple. Un chef de service de sécurité a des entrées partout, et c’est souvent par lui que passe le diable.
Est-ce que Charlemagne Péralte avait soupçonné les desseins de Jean-Baptiste Conzé ? Dans le superbe livre de Michel Soukar, il est seulement dit que Péralte était un homme très soupçonneux. Il faisait très attention à sa sécurité et il n’était pas enclin à faire confiance. Mais Conzé et ses contacts américains ont manœuvré si bien que Péralte est tombé dans leur piège.
Il est certain qu’un chef d’État doit être très soucieux de son entourage immédiat s’il ne veut pas être pris de court par l’action d’un traitre encore qu’il soit très difficile de savoir ce qui se passe dans la tête d’un être humain, quelle est sa limite de résistance aux propositions des grands corrupteurs occidentaux. Blaise Compaoré était l’ami intime de Thomas Sankara et ce dernier lui faisait confiance malgré certains avertissements. Compaoré a abattu Thomas Sankara. Il a été ardu de traverser le cercle des proches de certains leaders tant ils étaient animés d’une sincérité dans leur action, d’une proximité avec leur peuple. Il a été difficile de trouver un traitre dans l’entourage de Castro, de Chavez, des leaders iraniens ou nord-coréens. Les chefs d’État de l’AES – Burkina Faso, Mali, Niger devront faire plus attention, car, dans nos pays du sud où la précarité est la norme et/ou les esclaves attachés à l’occident sont très nombreux.
L’entourage de Nicolas Maduro était trop rongé par l’appétit du pouvoir et de l’argent pour que le travail de repérage des traitres ne soit pas trop compliqué. On est loin de l’héritage de Chavez. Chez nous, on ne peut s’empêcher de penser à l’assassinat de Jovenel Moise. Un assassinat ou, en toute logique, son service de sécurité a été impliqué. On ne voulait pas de Jovenel vivant. Maduro est lui un poids lourd, pas du menu fretin aux yeux de l’empire.
Ceux qui se pensent protégés par des hommes armés en uniforme ou pas, confortés dans l’idée qu’ils ont un « service de sécurité » vont-ils voir les choses sous un autre angle ? Cependant, les dirigeants aux ordres de l’empire vont se sentir dans l’obligation d’être plus soumis, plus domestiqué. C’est peut-être une manière de se protéger contre les traitres. Mais il n’y a que les maitres de l’empire qui savent votre date d’expiration.
Gary VICTOR
