Défense nationale, respect des normes en vigueur et des valeurs d’éthique, l’architecte Cassandre Méhu, fidèle aux principes précise avec insistance, en partageant ses points de vue autour du projet retenu par les autorités haïtiennes pour la reconstruction du palais national : « Je tiens à vous informer que je ne suis pas autorisée depuis la signature du contrat en janvier 2021, à divulguer des informations pertinentes eu égard à l’État haïtien, et à l’avancement du projet des études architecturales et techniques et de supervision, puisque c’est un projet de défense nationale et hautement sécuritaire. ».
Dans les jours qui ont suivi la publication de nos séries d’articles sur l’histoire et l’explosion du Palais national haïtien, entre reconstruction et représentation sociologique, symbolique et culturelle, l’architecte Cassandre Méhu expose et explique son engagement et ses attentes envers les autorités, tout en tenant compte des enjeux sociopolitiques et sécuritaires.
Du devoir de réserve au devoir d’informer la population sur l’évolution du projet, en attendant le chantier, elle partage certaines informations publiques:« Cependant par respect pour le peuple haïtien, je m’autorise à vous faire part comme demande, sur le parcours des deux partenaires et vous faire rêver un peu sur les grandes lignes du projet. », tout en précisant que : « C’est un plaisir pour moi de m’entretenir avec vos lecteurs. », en ce qui concerne la formation et le parcours des deux architectes Cassandre Méhu et David Adjaye.
D’un style très réservé, humble et très soucieuse du respect des normes professionnelles, elle affirme sans trop de timidité : « Je n’ aime pas trop parler de ma personne, comme vous dites on est dans un pays ou il me revient de le faire. Alors je le ferai, et merci de me donner une fois de plus de me faire lire par tout un chacun.”.
Dans sa présentation, elle confie : « Je suis Cassandre Méhu, citoyenne engagée, architecte de Monuments, chef de file du projet de Reconstruction du Palais National d’Haïti, vice-présidente du Consortium Raco Deco Adjaye et associés, PDG de Raco Déco et représentante du Consortium Raco Deco-Adjaye Associés.”.
Dans son palmarès on elle se souvient fièrement : « J’ai été primé par plusieurs institutions tant par la Municipalité de Pétion-Ville/ Mme Lydie Parent/ Digicel Entrepreneur Secteur Construction, CFI, Secteur Entrepreneuriat féminin le Bureau de la Première dame/ Carnaval, et Gagnant du Concours pour la Reconstruction du Palais National d’Haïti, je fais partie du collège des ingénieurs architectes, CNIAH, des groupements de femmes entrepreneurs, des femmes engagées pour le développement d’Haïti, professeur à l’Université Quisqueya, etc. Je milite aujourd’hui pour la reconstruction d’Haïti.”.
Des lignes qui caractérisent le parcours et le profil de cette fille de la terre d’Haïti : «
Je suis une haïtienne authentique et j’aime dire sur qui le pays peut compter sur moi. Mes parents m’ont formé avec effort et discipline et selon les principes divins. Suite à ma License en Architecture à l’Université Quisqueya dont je fais partie de la première promotion, je me suis engagée par amour et respect à être professeur à ladite institution, afin de restituer et partager mes connaissances avec la communauté universitaire.”.
Diplômée avec Cum Laude. « J’ai ainsi bénéficié d’une bourse de Lomé IV et un programme Global en Conservation de Monuments et de Biens historiques et urbains réalisé en République dominicaine, á la Universidad Nacional Pedro Henriquez Urena. », informe-t-elle.
De retour au bercail, après stages et consultations dans maints organismes, j’ai pu monter l’Entreprise Raco, un jeune cabinet fondé en 2001, devenu en 2005, Raco Déco, et en 2020 Raco Déco S.A. C’est toujours la même compagnie offrant des services en travaux en rénovation, architecture, construction, jusqu’au décor.". La mission de la firme est d’apporter de la valeur ajoutée aux constructions haïtiennes, de la modernité et surtout de mettre l’humain dans un environnement, le propulsant au bien-être individuel, familial et/ou collectif. », témoigne l’architecte.
Depuis, je continue ma formation dans le domaine du génie civil, de l’urbanisme, de l’architecture, de la ferronnerie d’art, des hautes finitions dans le bâtit et en travaux évènementiels. « Ce qui me permet de mieux desservir la clientèle et tout un chacun, amis et confrères, consœurs. ». « Avec des équipes expérimentées de différents corps de métiers, j’avance simplement dans le secteur. Aussi j’encourage, mes stagiaires à faire de même pour mieux engager la profession. », affirme l’architecte Méhu.
Des bases solides, en termes d’expériences et de réalisations pertinentes dans les champs connexes et complémentaires, Cassandre Méhu se souvient fièrement : “Parmi les institutions prestigieuses pour lesquelles, avec lesquelles j’ai eu à collaborer, je peux citer : BAP (Bureau d’architecture et de Préservation sous le mentorat de l’Architecte historien Patrick Delatour, BJ (Benjamin-Jadotte), l’ISPAN, le MTPTC et j’ai aussi assisté Paul Émile Simon, l’architecte urbaniste DPLG, brillant homme et architecte, ayant conçu et supervisé la construction des grandes structures et villes en Afrique, dans maints projets.”.
Des souvenirs qui reviennent, comme si c’était hier : “Je me rappelle encore lorsque pour le ministère du Tourisme, sous la houlette de l’architecte Lesly Voltaire et le ministre Delatour, il fallait faire partie de toute une équipe technique d’architectes juniors, sous la direction du feu Paul Émile. L’objectif de la reconstruction de Port-au-Prince se précisait déjà, on travaillait jours et nuits pour la cause d’une vision renaissante á la hauteur de notre histoire de grand peuple noir.”, persiste et signe l’architecte.
Dans de nombreuses occasions : “Je conseille du mieux que je peux mes clients à promouvoir l’art, l’architecture haïtienne, le patrimoine ou s’en inspirer tout simplement. Comme par exemple, pour la Famille Allen, dans le cadre de la conception architecturale de l’Hôtel Fort-Royal de Petit Gôave.”, se souvient-elle.
De 2010 à 2017, sept années difficiles se sont écoulées au cours desquelles le cabinet n’avait pas pu mettre la main sur les projets en cours, pour la reconstruction, et suite à la mort de l’architecte Paul Émile Simon, un allié du bureau. Je m’étais dite qu’il fallait que j’aille plus loin, continue jusqu’à arriver à construire des œuvres pérennes. C’est ainsi que lorsqu’ en 2017 le président de la République feu Jovenel Moïse lança le concours ouvert â tous les cabinets d’architecture par le biais de l’UCLBP, accompagnée par le groupe de réflexion sur la Reconstruction du Palais national. », tout en rappelant que les termes de références précisait que les firmes locales pouvaient dans cet appel d’offre international s’accompagner des firmes internationales. « J’ai immédiatement compris que c’était le moment d’agir, car on a eu un palais démoli et une image nationale à reconstruire.".
D’autres précisions importantes : « Je suis une architecte de Monuments, mon métier c’est de les restaurer et les remettre identique à la nation haïtienne, c’était le moment de me prouver. La tâche était ardue et je ne faisais que travailler durement pour cet exploit. “Ayant connu notre beau palais, qui faisait rêver plus d’un et parler tous ceux qui visitait Haïti, je m’étais lancée avec le sentiment de mission à accomplir. J’avais mis de côté mon égo, et compris que le pays avait besoin de moi et lors de ma visite à New York au cabinet Adjaye Associates, je lui en ai fait part et à la recherche d’un partenaire. On a trouvé une entente et c’était fait. Ainsi j’acceptais qu’il devienne l’architecte principal, et moi architecte de monuments-chef de file, directeur de Projet.”, rapporte l’architecte Cassandre Méhu.
Dans ses conclusions, elle rappelle : “En Haïti, j’avais monté une équipe de personnalités haïtiennes de renom comme le : Groupe de Consultants Haïtiens, que j’ai eu a consulté. Pour répondre à bien aux éxigences du concours, tout un travail d’équipe reste à signaler. Des enquêtes, des visites avec des historiens, des gens de biens du pays entier, des lectures, des visites sur les sites historiques avec nos partenaires pour bien s’imprégner de la force et de l’histoire des lieux, avaient été réalisés, pour arriver à accoucher sous la plume de l’Architecte Adjaye, le projet gagnant en janvier 2020, à l’unanimité d’un Jury international composé de sept membres pour la Reconstruction du Palais National. ‘Ce fut une démarche honnête et intègre de toutes parts. », informe-t-elle.
Dans une autre présentation, on prendra le temps de présenter le principal collaborateur de ce grand chantier. ‘Si je devais vous expliquer tout le parcours qui a mené à ces beaux plans, ceci prendrait tout un livre, que j’espère publier un jour. Cependant pour vous expliquer mon choix pour faire route avec Adjaye Associes de New York. Permettez-moi de vous présenter Sir David Adjaye, l’architecte du Musée des Noirs américains, de Washington DC.’, inauguré sous le président Barack Obama.
Dominique Domerçant
