Le samedi 2 mai, le monde du sport et de la presse haïtienne a été saisi d’effroi en apprenant la disparition tragique de Jean-Brunet Bontemps, affectueusement appelé JeanJean. Le chroniqueur sportif et entrepreneur a été mortellement touché par balle dans la soirée du vendredi 1er mai 2026. Selon les informations disponibles, des tirs provenant d’un véhicule blindé de la Police nationale d’Haïti (PNH) l’ont atteint alors qu’il se trouvait devant un restaurant-discothèque qu’il tentait d’ouvrir, ultime effort pour se relever après la destruction de ses activités commerciales par des groupes armés à proximité du stade Sylvio Cator et de la rue Alerte.
Un proche du défunt résume, avec une gravité douloureuse, la trajectoire de ces derniers mois :
« Les bandits avaient ruiné Bontemps et tenté de l’enlever à plusieurs reprises. Il avait tout perdu. Mais avec la reprise des activités au niveau de la rue Alerte, il essayait de se reconstruire, de redonner un peu de vie à son quartier. C’est dans cet élan qu’il a été fauché. »
Un homme au service du football
Au-delà de ses initiatives économiques, Jean-Brunet Bontemps vivait pour le football. Sa voix grave et posée résonnait chaque soir dans l’émission « Énergie Sport Débat » sur Énergie FM, où il animait les discussions avec passion et rigueur, du lundi au vendredi. Supporter fidèle du Racing Club Haïtien, il s’investissait sans compter pour promouvoir le championnat national et défendre une vision : celle d’un football haïtien structuré, professionnel et digne de ses talents.
Son engagement dépassait toute logique financière. Il animait ses émissions sans rémunération, refusant de monnayer ce qu’il considérait comme un devoir. À ceux qui s’étonnaient, il répondait avec simplicité :
« Peye ti mesye yo… mwen menm, lè m bezwen, m’ap fè w konnen. »
Un mentor discret, un collègue fidèle
Dans les coulisses, Jean-Brunet Bontemps était un homme de partage. Malgré les épreuves, il restait proche de ses collègues, attentif aux jeunes qu’il encourageait à prendre la parole et à s’impliquer. Pour lui, transmettre n’était pas un slogan, mais une responsabilité. Il croyait profondément que l’avenir du pays passait par l’encadrement et la valorisation de sa jeunesse.
Né le 23 février 1971 à Aquin, il laisse derrière lui une famille endeuillée, notamment ses trois enfants, ainsi qu’une communauté sportive profondément marquée par sa disparition.
Dans l’attente des obsèques, Le National présente ses plus sincères condoléances à son épouse, à ses enfants, à ses proches, à ses collègues de la presse sportive et à tous ceux que cette perte bouleverse.
Repose en paix, Jean-Brunet Bontemps.
Ta voix s’est tue, mais ton engagement demeure. Tu as, jusqu’au bout, tenu la ligne droite.
Gérald Bordes
