Le compte à rebours a commencé depuis le début de l’année. Le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) arrive à son terme. Plusieurs organisations expriment dans les médias leur approche de la nouvelle gouvernance post-7 février. N’empêche que l’incertitude demeure et que de nombreuses questions restent sans réponse.
Sur le plan de la sécurité, les opérations à grande échelle se multiplient pour desserrer l’étreinte des puissants gangs sur la capitale. Les fêtes de fin d’année ont pu se tenir dans une ambiance festive et sécurisée. Mais le poids de l’incertitude plombe le moral des populations, habituées à ces rendez-vous avec la fatalité de nos malheurs.
Il y a ceux qui adorent ces moments pour se refaire une santé politique. Ils sont généralement très menaçants et promettent l’apocalypse. Au milieu de tout ce bruit, il y a les neuf personnalités du CPT. Elles n’ont pas pu s’entendre sur la gouvernance du pays. Si le collectif n’a jamais sauté, c’est par solidarité avec la fonction et les privilèges y relatifs.
Au moment où le pays s’apprête à faire un grand saut dans l’inconnu, ceux qui nous dirigent ont le devoir d’initier un dialogue pouvant conduire à une alternance dans la paix. L’heure n’est pas aux agendas personnels de chacun des membres du CPT. Ils doivent éviter au pays de nouveaux malheurs et, de ce fait, entrer dans l’histoire d’une manière plus civique et courageuse qu’ils ne l’ont été tout au long de leur mandat.
En clair, il est urgent d’ouvrir dès maintenant un dialogue franc, inclusif et structuré, avec un calendrier public et des engagements vérifiables, afin de sécuriser une transition apaisée. Faute de quoi, le pays risque de replonger dans l’instabilité, au détriment de la sécurité, de la confiance citoyenne et de l’avenir collectif.
Roody Edmé
