Pandant les quarante dernières années de transition démocratique, Haiti a connu beaucoup de chefs d'État et de gouvernement. Il a eu beaucoup tentative de coups d'État aussi bien que de coup de force qui ont reussi. Mais dans l'ensemble pour quel résultat? Sinon que des gouvernements dans les labyrinthes d'un processus de transition qui, dans un style de gouverner par le chaos, n'en finit pas.
Du 7 février 1986 à aujourd'hui, beaucoup d'eau avait coulé sous le pont. Au point qu'on a beaucoup vu et entendu parler des choses sur des hommes et des femmes politiques. Mais comme les choses ne sont pas toujours se qu'elles semblent être, ainsi, pour avoir une idée de cette époque tumultieuse de l'histoire contemporaine du peuple haïtien, donc la question se pose: et si, après 7 février 1986, dans bien des circonstances, les choses se faisaient différemment ou autrement?
Malheureusement, désorganisation organisée, c’était, dans un plan machiavélique, à priori, au lendemain même du 7 février 1986, dans un contexte du nouvel ordre mondial ou de fin de guerre froide, vend le projet de démocratie, pour finalement laisser aux attachés qui avaient refusé de se détacher du pouvoir politique, d’avorter dans le sang le premier scrutin post Duvalier le 29 novembre 1987. Puis, dans un semblant de passation de pouvoir, organiser la mascarade électorale du 18 janvier, pour, enfin, quelques mois après, chasser du pouvoir législatif et exécutif tous les élus.
Ensuite, pendant trois ans, tout en laissant les militaires assoiffés de pouvoir politique, avec une droite très maladroite, se battaient entre eux pour un gouvernement de transition. Et finalement, c'était dans ce climat de confrontation entre un passé tyrannique nostalgique et l'émergence d'un projet démocratique que se planifiaient les élections du 16 décembre 1990. Mais au moment où les planificateurs pensaient avoir le boulevard libre pour que librement ils continuaient dans le processus électoral, il y avait un emmerdeur qui, avec un discours contraire, était venu jouer le rôle de trouble-fête dans cette affaire de processus démocratique post dictatorial.
Comme ceux qui financent, commandent et décident, ainsi l’ordre était donné de chasser du pouvoir l'emmerdeur qui emmerde dans les grandes fêtes de la politique locale et internationale. Mais pourquoi à l'ère du nouvel ordre mondial, un président démocratiquement élu ne peut pas compléter son mandat? D'où venait cet attachement viscéral au totalitarisme et à l'autocratie aveugle?
C’est simple. Le coup d’État du 30 septembre 1991 contre l’élu du 16 décembre avait un double aspect politique. À court terme, il visait à saboter toutes formes de changement que son administration voulait initier. Mais, dans le long terme, il visait aussi à casser le mouvement grandissant du secteur populaire acquis depuis le départ du dictateur Jean-Claude Duvalier le 7 février 1986.
Parce que le message des masses populaires lors des élections générales de décembre 1990 était clair. Ces dernières avaient signé leur entrée avec fracas sur la scène politique et entendaient devenir un acteur majeur sur un échiquier politique pris d’assaut par les élites traditionnelles, en majeure partie depuis plus d’un siècle. Donc l’idée derrière ce coup de force était de s’assurer de la démobilisation des têtes de pont des mouvements syndicaux, étudiants et organisations populaires pour que dans le futur ces mouvements sociaux ne puissent jouer un rôle aussi déterminant dans l’avenir politique d’Haïti.
Car leur émergence dans les grandes décisions politiques du pays menaçait en quelque sorte les centres traditionnels de pouvoir que représentaient certaines institutions dominantes d’Haïti. Par conséquent, le secteur populaire, les associations de jeunes et d’étudiants, les paysans et les mouvements syndicaux étaient, au-delà de la personne de l’élu des élections du 16 décembre 1990, les principaux groupes ciblés par les militaires putschistes du coup d’État du 30 septembre 1991 qui faisaient les sales besognes pour le compte du statu quo local. Comme résultats, des décennies après, c’est un pays qui se meurt.
Ainsi, le mouvement populaire du 7 février 1986 à faire place au cauchemar, à la peur, à l’occupation du pays par des forces multinationales, a la destabilisation des institutions étatiques, à l’opportuniste politique, à l’insécurité, à l’invivabilité, à la corruption, le detournement des fonds du Trésor public, à l’ingérence de l’international dans ls affaires politique du pays, au gangstérisme, au propagandisme, au banditisme et au terrorisme d’État.
Comme dans un Bric-à-Brac ou de maisons d’affaires de toutes les petites affaires dans des quartiers populaires, avec des hommes et des femmes d’affaires imparfaits dans leurs actions imparfaites, la désorganisation organisée a produit des abolochos politiques qui sont toujours dans l’opposition pour des positions politiques. Plus de 320 partis politiquesinscrits. En fin de compte, des hommes politiques qui, dans le temps se reclamaient de la gauche, ils sont, aujourd’hui, devenus plus à droite que ceux de la droite traditionnelle qui étaient très maladroite.
Prof Esau Jean Baptiste
